A 13 heures, nous nous arrêtons pour manger sur un terrain couvert de ruches. Le repas est frugal. En Espagne, tous les magasins sont fermés le dimanche. Pas moyen de trouver une boulangerie. Nous nous endormons quelques instants à même le sol, chatouillés par les rayons du soleil qui fait son grand retour. A l’entrée de Molina de Segura, un « temple » moderne lui a été consacré : un champ immense de panneaux solaires géants.
C’est une charmante maison toute blanche devant laquelle pousse un citronnier couvert de fruits. Des chats vont et viennent entre les grilles du portail. Nos hôtes passent la journée à Alicante. Ils nous ont avertis qu’ils ne seraient pas de retour avant 21h. Nous nous asseyons sur le trottoir et patientons en rédigeant notre journal de bord. Le soleil vient de disparaître à l’horizon lorsqu’une voiture fait son entrée dans la rue déserte. Les deux femmes qui en sortent, viennent vers nous spontanément. Elles parlent un français impeccable. Ce sont la mère et la tante d’Olympia que nous attendons. Ni une, ni deux, elles nous invitent à monter dans leur voiture et nous ouvre les portes de leur maison située dans une rue voisine. Exilées sous Franco, nos deux âmes généreuses ont vécu 40 ans en France et en Algérie. Nous racontons notre petit mois d’aventure. Elles nous résument l’histoire de toute une vie, marquée par la guerre, les déménagements, leur retour sur leur terre natale. Sur la table, défilent des madeleines, des gâteaux aux pommes. On nous apporte même des petits pains chauds et de la charcuterie du terroir pour composer des sandwiches. Un délice. Je mange comme un ogre. Nous poursuivons notre conversation dans le salon devant une mousse et des amandes salées. Olympia a poussé la porte d’entrée. Nous n’avons pas vu le temps passer. Le soleil peut aller se coucher, la chaleur humaine est là pour le remplacer.