A la découverte du delta de l'Ebre

Voici les dernières nouvelles de Tand'Afrika. Comme d'habitude, je me suis un peu laissé emporter par mon élan. Pour les pressés et les feignants voici, un résumé en quelques mots.
Après avoir quitté Barcelone, nous avons visité le delta de l'Ebre, le plus long fleuve d'Espagne. Le site abrite plusieurs réserves naturelles. Des sanctuaires pour de nombreuses espèces d'oiseaux.
Nous avons ensuite quitté les axes surfréquentés du littoral pour rejoindre les petites routes montagneuses de l'intérieur. Dans les terres, les paysages qui s'offrent à nous récompensent nos efforts. Champs d'oliviers, orangers couverts de fruits, arbres en fleur composent notre décor quotidien.
Ce soir (5 février), nous dormons à Villar del Arzobispo à hauteur de Valence. 1811 km au compteur.



Quitter Barcelone

A la découverte du delta de l'Ebre
Samedi 31 janvier Barcelone-Tarragone (110 km)

Nous ne sommes décidément pas à notre place dans les grandes agglomérations. Rejoindre le centre de Barcelone n’avait pas été chose aisée, le quitter s’avère plus difficile encore. Seuls des axes routiers larges et surfréquentés irriguent le cœur de la capitale catalane. Nous n’avons pas le choix. Nous nous engageons sur la bande d’arrêt d’urgence d’une voie rapide aux allures de périph' parisien. Camions, voitures, motos, frôlent en permanence la ligne continue qui délimite l’étroite frontière de notre espace vital. Nous pédalons comme des forcenés pour sortir au plus vite de cet enfer enfumé d’asphalte et d’acier. Une heure plus tard, les bruits de moteur et les gaz d’échappement sont derrière nous. Du moins le croit-on. Si le trafic est moins soutenu, la route nationale que nous devons désormais emprunter n’a rien d’un chemin bucolique de campagne. Les poids lourds font la navette entre les fabriques de ciment, les zones industrielles et les ports marchands qu’on compte en nombre dans la région.

Le hasard fait parfois bien les choses. Hier Adeline a retrouvé grâce à internet la trace d’une de ses copines de promo, installée à Tarragone. Généreusement, elle nous a invités à venir la rejoindre. Nous ne nous sommes pas faits prier.
Aline vit depuis plusieurs mois en Espagne. Elle effectue son service volontaire européen (SVE), un programme destiné aux jeunes de 18 à 30 ans. Le concept : consacrer son temps libre et son énergie à un projet associatif en échange du gîte et du couvert ainsi que d’une indemnité d’un peu plus de 200 euros. Environnement, sport, solidarité, les secteurs d’activités proposés sont légion. Assistante sociale de formation, Aline a choisi d’intégrer une équipe qui gère des appartements destinés à des personnes handicapées. Le SVE permet également de découvrir d’autres cultures et d’apprendre une langue étrangère. En l’espace de quelques mois, notre hôte est devenue une experte en Espagnol. Dans l’appartement qu’elle partage avec cinq autres volontaires venues de toute l’Europe, c’est la langue utilisée. Le soir à table, Aline nous fait montre de ses talents de cuisinière. Tortillas, tarte maison, ce repas achève de nous remettre d’aplomb.

A la découverte du delta de l'Ebre
Dimanche 1 et lundi 2 février Tarragone-Els Montells (123km)

Nous avons quitté Tarragone avec une bonne adresse en poche. Par l’intermédiaire du SVE, Aline a fait la connaissance d’autres volontaires en poste dans le delta de l’Ebre. Le second plus long fleuve d’Espagne (928 km) forme à son embouchure une très vaste lagune. Un paradis pour les volatiles de toutes sortes. Laurent et ses camarades qui travaillent pour le compte de la SEO (ligue protectrice des oiseaux espagnole) ont accepté de nous recevoir.
Il est proche de 17 heures lorsque nous parvenons sur les rives de l’Ebre. Nos hôtes du jour, nous ont indiqué un bac pour le traverser. Il est effectivement à quai mais une chaîne en barre l’accès. Renseignement pris auprès du bar voisin, le bateau ne bougera pas d’un pouce aujourd’hui. Trop d’eau dans le fleuve. Seule solution pour passer de l’autre côté, emprunter le pont dans la ville voisine. Soit un détour de près de 40 kilomètres. L’affaire d’une demi-heure en voiture. A vélo, c’est une autre histoire. Nous nous mettons en route, dépités. Comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, le ciel s’assombrit et une ondée bien nourrie ne tarde pas à nous tremper jusqu’aux os. Nous avons sans doute l’allure de deux chiens mouillés en fugue lorsque nous débarquons dans la cour du centre de la SEO. La douzaine de volontaires qui occupe le site, nous accueille tout de même à bras ouverts. On nous installe dans une maisonnette à quelques centaines de mètres du bâtiment principal. Nous pourrons nous sécher grâce à la cheminée.
Le repas du soir est l’occasion de goûter à la convivialité qui règne entre les murs de l’établissement. Ici, on vit en communauté. Chacun à tour de rôle participe aux tâches ménagères. Le dîner est animé. Les volontaires, majoritairement espagnols, réchauffent la pièce en entretenant des discussions animées. Catalans et Castillans s’envoient des piques entre deux bouchées et des grandes tapes dans le dos entre deux gorgées de vin.


A la découverte du delta de l'Ebre
Le lendemain à la lumière du jour, nous découvrons le delta. Sur des milliers d’hectares, la terre se confond avec la mer en un réseau tentaculaire de bassins, étangs, rigoles… A la faveur d’une promenade matinale, nous observons une colonie de flamants roses. Ils sont plusieurs milliers, la démarche hésitante et allongée, à arpenter les abords des berges couvertes de roseau. De temps en temps, certains prennent leur envol et zèbrent le ciel de noir et de rose vif en déployant leurs ailes dans un concert de cris rauques.
Seules quelques zones du delta sont classées réserves naturelles. Aux portes de ces sanctuaires, des rizières à perte de vue. Pas un arbre à l’horizon. On les a, paraît-il, rasés jusqu’au dernier pour faciliter l’épandage d’insecticides et d’herbicides par la voie des airs. Autre paradoxe, la liberté laissée aux chasseurs de faire feu dans l’enceinte du parc. Et ils sont nombreux dans le delta à porter le fusil. Environ 8000 selon les volontaires de la SEO. Dans cette zone rurale où la sauvegarde de la biodiversité importe peu face aux traditions, certains s’autorisent même à chasser la nuit. Ici comme ailleurs, pas facile de concilier les intérêts humains et la protection de la nature.
L’après-midi, nous prenons pleinement conscience de la richesse de celle-ci lors d’une sortie d’observation avec nos amis de la SEO. Dans l’objectif de leur télescope, des gravelots à collier interrompu, des pluviers argentés, des nettes rousses, des canards souchets… Au total, plus d’une centaine d’espèces nichent sur le site. Et elles sont encore plus nombreuses à y trouver asile durant les migrations. Beaucoup sont menacées. Parmi les espèces emblématiques de la zone, on trouve notamment le goéland d’Audoin. 70% de la population mondiale vit dans le delta.

A la découverte du delta de l'Ebre
Mardi 3 février Els Montells Albocasser 108 km

Il y a des lieux que nous ne voudrions jamais quitter. Le delta qui baigne dans la douce lumière du matin en fait partie. Nous surprenons des aigrettes qui pataugent dans les fossés, des martins pécheurs s’envolent telles des fléchettes d’émeraude sur notre passage.
Pour ne pas rompre trop brutalement avec l’écrin naturel qui nous abrite depuis deux jours, nous décidons de ne pas reprendre la route nationale. Nous quittons le littoral pour nous élever vers l’intérieur. La moyenne s’en ressent. Mais le jeu en vaut la chandelle. Nos efforts sont largement récompensés. Au sommet de chaque côte, le paysage nous apparaît dans ses plus beaux atours. La terre ocre tranche avec les tons rosés des arbustes en fleurs. Sous les feuilles des orangers de gros fruits gorgés de soleil attendent d’être cueillis. Pour la première fois, nous avons chaud en nous allongeant dans l’herbe lors de la pause déjeuner.
En fin d’après-midi en suivant la route qui monte en lacets, de nouveaux panoramas se révèlent à nous, plus montagneux, plus arides. Nous surplombons les gorges d’une rivière asséchée. Face à nous, une colline à la base aplatie assombrie le fond du canyon. Les lieux pourraient servir de décors à un western.
Trouver un hébergement n’est jamais facile mais ce soir, nous ramons plus que d’habitude. La seule pension d’Albocasser affiche complet. On nous indique un gîte rural que nous ne trouvons pas. Nous frappons à plusieurs portes. En vain. La nuit tombe, avec elle s’installe le froid et nous sommes toujours à la rue. Dans un bar aménagé dans l’aile de ce qui ressemble fort à un édifice religieux, la serveuse s’attendrit sur notre sort. Elle décroche son téléphone, frappe aux portes voisines. Sans succès. L’heure tourne. 19h, 20h, 20h30 défilent à la pendule du bistrot. Enfin, un coup de fil que l’on n’attendait plus, vient débloquer la situation. On nous accepte dans un gîte à trois kilomètres. Nous fendons l’air glacé de la nuit et prenons possession de nos appartements. La journée a été longue. Les pâtes au thon et à la tomate que prépare Adeline ont un goût divin.

A la découverte du delta de l'Ebre
Mercredi 4 février Albocasser-Onda 78km

Nous nous sommes rendus coupables d’un vol. Ce n’est pas un gros larcin mais tout de même. Qui vole un œuf vole un bœuf, prévient l’adage. Que dit-il au sujet des mandarines ? A vrai dire, nous avons une excuse. Depuis plusieurs jours, des champs entiers d’arbres couverts d’appétissants agrumes nous tendaient les bras. Ce midi, alors que nous déjeunions aux abords de l’un d’eux, nous n’avons pu résister. Nous nous sommes servis. Deux fruits oranges, pas bien gros, mais si doux et sucrés. Une aubaine pour deux cyclistes qui sans ce don de la nature auraient été privés de dessert.
J’ai les jambes en coton aujourd’hui. A l’Onda, nous perdons notre chemin en centre-ville. L’après-midi est déjà bien avancée. Sur la carte, le trait vert qui surligne la route que nous devons emprunter, m’inquiète. Il signale une zone fortement montagneuse. Si nous nous engageons dans cette direction, il nous faudra parcourir 37 km jusqu’à la prochaine ville. La raison l’emporte et nous conduit vers l’hôtel le plus proche, au cœur de la zone industrielle.

A la découverte du delta de l'Ebre

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1.Posté par devys pierre et monique à roubaix (parents de marielle) le 06/02/2009 10:07
Prenons beaucoup d'intérêt et de plaisir au récit de votre épopée. Admirons votre ténacité. Bravo de prendre encore le temps de nous faire un si beau reportage. Avec vous, nous voyageons devant l'écran et , pour nous, c'est facile .....
Bonne continuation !

2.Posté par Fonollosa le 14/12/2009 10:55
Merci de ces belle images, mais ne donnez pas envie d'y aller, ce petit coin de paradis ne supporterait pas trop de tourisme (je plaisante). Il est vrais que le Delta se mérite pour en apprécier toutes les sensations qu'il offre à qui s'y arrête. Cette corne (pour ne pas dire vulve matricielle) dans la mer est ma passion peut être parceque j'y ai mes racines.

3.Posté par bastien le 29/04/2010 11:44
trop nul en plus vous ete pas beau
http://gte

4.Posté par Dora le 29/04/2010 11:46
coucou je voudrai le numéro de kla dame elle est trop charmate


la blague trop moche oui
http://dora-l'esploratrice.com

5.Posté par thomas le 29/04/2010 11:49
combien vous le vendez le velo ??
http://loupiac thomas facebook

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