Dans la peau de Jacques Mayol... ou pas !

Aujourd’hui, on change du tout au tout, on abandonne le velo pour faire un peu de plongée dans le jardin de corail qui s’étend au nord de Mombasa, sur la côte Kenyane. Une première pour tous les deux. A quelle sauce allons nous être mangés ?



D’abord, la séance d’habillage. Le moniteur nous confie une combinaison, un masque, des palmes. Quand tu vois les filles dans les magazines de surf, elles ont toujours l’air de déesses avec ça.... et ben, pas moi !
D’accord le point positif, c’est que ça a le mérite de cacher une épilation disgracieuse et lointaine (comment ça je suis obnubilée par mes poils ?) mais ca me rappelle aussi que je suis loin d’avoir le corps d’une déesse. Je remplis bien les fesses, plutôt mal (voir pas du tout) le haut et j’aurais quelques centimetres de plus que ça ferait pas de mal....
Enfin arrêtons de nous plaindre et direction la piscine, histoire d’apprendre les bases avant d’aller se noyer dans l’eau de mer.

Dans la peau de Jacques Mayol... ou pas !
Ca fait déjà bien 5 min que j’écoute ce mec parler sans rien comprendre de ce qui dit....
Bah oui forcément, il parle anglais (on a pas idée aussi de pas savoir s’exprimer dans la langue de Moliere) et mon « vocabulaire homme-grenouille » est plutot limité, voir nul.
A cela s’ajoute le fait que j’ai dû me dévêtir d’un élément qui fait partie intégrante de ma personne : mes lunettes. Allez savoir pourquoi, mais quand j’ai pas mes lunettes, j’ai l’impression de moins bien entendre.
Donc je suis là en train de patauger dans cette piscine, à essayer de déchiffrer quelles sont les consignes de sécurité et de me dire que pour une fois ça pourrait être utile de suivre la conversation, histoire de savoir comment je fais si je coule !
On me demande de coller mon masque sur ma tronche et d’inspirer très fort puis de vérifier l’étanchéité, ok.... mais y a quand même un malaise, tout le monde a l’air parfaitement bien alors que moi je suis en train d’exploser (ou plutôt d’imploser)...... « ah il faut respirer par la bouche ? Forcément tout de suite ça va mieux»
Après une petite demi-heure dans le bassin à réaliser les exercices élémentaires, le mono décide que c’est ok, à nous les petits poissons. Juste avant de sortir, il me propose de porter ma bouteille d’oxygène jusqu’au bateau.... non mais y m’a prise pour qui celui-là ? Je suis pas une pupette*, je me debrouille seule.... ce qu’il avait oublié de préciser c’est que la bouteille dans l’eau c’est très léger mais sur terre ca pèse son poids ! « Allez encore quelques pas, t’as dit que t’étais pas une pupette.... »

Me voilà assise en arrière sur le rebord du bateau. Les autres sont déjà dans l’eau et m’attendent. Pourtant, j’ai vu faire ça des milliers de fois à la télé mais là c’est pas la même limonade... on m’oblige à maintenir le materiel d’une main alors que je voudrais le faire de l’autre (technique du droitier alors que je suis gauchère) mais surtout il faut que je me laisse tomber en arrière et ça m’angoisse... allez 1, 2, 3 plouf, j’oublie mon angoisse, je suis sans dessus dessous, ma tête ressurgit.... et c’est partit pour le show !

Il y a quelques années, j’avais visité l’aquarium de la Rochelle avec mes parents et j’avais trouvé ça trop fun tout ces poissons de toutes les couleurs... et ben là c’est la même chose, sauf que je suis à l’intérieur de l’aquarium et c’est magique !
Sûrement parce que j’ai l’air d’une enfant ou alors parce que j’ai l’air d’une abrutie (je sais pas ce qui est le mieux) le mono me prend par la main tout le long de la balade. Tant mieux, comme ça je n’ai pas besoin de me préoccuper de la route juste à m’émerveiller.
Il faut savoir que je suis quelqu’un de « légèrement » stressée. Sous l’eau, cela donne des situations assez cocasses.
Je crie (enfin, j’essaye) parce que j’ai confondu l’ombre d’un gros bateau avec une baleine, parce que je viens de voir un E-NOR-ME poisson passer juste sous mon nez, parce qu’une raie s’est enfuie, ou tout simplememt parce que je viens de voir le plus beau poisson de la terre... jusqu’au prochain.
Régulièrement, il me fait des signes et un regard bizarre pour savoir si je suis ok. « Mais oui parfaitement mon bon monsieur » ce qui en language grenouille se traduit par un rond formé avec le pouce et l’index.
Le mieux, c’est quand j’ai cru que j’étais en train de me noyer. Je suis tellement concentrée à regarder les poissons qu’il me faut bien deux secondes pour réaliser que je bois de l’eau de mer ! Fraction de seconde de grosse frayeur… au secours, je coule, ça y est, c’est la fin… 5 mètres de profondeur, arghhh…. Ma courte vie défile devant mes yeux…. jusqu’à ce que je réalise que le truc dans ma bouche qui me permet de respirer a légèrement bougé. Une fois remis en place, tout va pour le mieux.

Dans la peau de Jacques Mayol... ou pas !
Enfin, il a quand même pas dû être déçu de voyage le loulou et se dire qu’il avait dû pêcher (sans mauvais jeu de mot) le bon numéro.
Pendant la petite séance de « je donne du pain aux poissons alors que les gens meurent de faim à quelques km » ( ça c’était juste pour la petite note moralisatrice) je me suis fait lâchement attaquer par un poisson qui a profité de ma gentillesse pour mordre mon doigt ! Vous vous rendez compte ? Toi t’es là tranquillement, toute contente de participer à la fin de la faim dans l’océan et là une masse de poissons te fonce dessus. Sensation assez stressante et oppressante (heureusement, j’ai eu un peu d’entrainement avec le vélo, en Ethiopie). L’impression de revivre les oiseaux d’Hitchcock version marine et paf on t’attaque sournoisement ! D’où l’expression « donnez lui la main, il vous prendra le bras », en langage poisson ça donne : « donne moi du pain que je te bouffe le doigt! »
En tout cas, on ne m’y prendra plus. Surtout que j’ai quand même saigné donc s’il y avait eu un requin dans le coin, hein ? Je vous le demande ? Ca m’apprendra à jouer les mères Thérésa.

Bon, c’est pas tout ça mais maintenant ça fait déjà un moment qu’on fait joujou et tout cette eau moi, ca me déclenche la vessie... vous me direz : ben t’es dans la mer, t’as qu’à pisser... (eh oh faites pas les timides, que celui qui n’a jamais, au grand jamais, pissé dans la mer me jette le premier poisson), oui mais je suis en combi. Donc ça reviendrai à dire que je me pisse dessus... Pas prête psychologiquement. Heureusement mon samaritain, a dû décider qu’il en avait marre de se trainer un boulet stressé et en sang (bon d’accord, j’exagère un peu) et décide qu’il est temps de rentrer au bercail.

Ainsi s’achève ma première expérience sous-marine, dans les toilettes de l’hôtel Serena, que je recommande grandement à tout ceux qui ont déjà connu l’expérience des toilettes à l’africaine.

* pour ceux qui ne me connaissent pas bien, « être une pupette » signifie avoir peur pour rien.

PS : oui ok je sais, Jacques Mayol plongeait en apnée !!!

Dans la peau de Jacques Mayol... ou pas !

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1.Posté par mattieu r le 25/11/2009 12:42
sacrée sista ,ça m a fait repansé au film le monde de némo

2.Posté par Baptiste le 19/12/2009 21:14
La découverte du monde marin, espace vertigineux s'il en est ! Milieu que l'Homme connaît pourtant assez mal.
Merci pour cette expérience !
Bisous à tous les deux !
http://haijin-blog.over-blog.com/

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