Pourtant s’ils ont un point en commun, ces trois types de chauffeurs savent aussi se différencier.
Pour être un bon chauffeur de car par exemple , vous vous devez de toujours laisser le capot de votre moteur ouvert (sans doute pour anticiper l’échauffement), installer une affiche pieuse très kitchouille sur le pare-brise arrière et surtout prendre une pause négligée, ou voire même de s’affaler au volant, genre « ouais trop facile de conduire sur les routes africaines, mais qu’est ce que je m’ennuie ! »
Si en revanche l’envie vous prend d’être camionneur alors la on vous jugera à votre capacité à décorer votre intérieur. Le camionneur est un homme coquet qui aime prendre soin de son intérieur. Vous le reconnaîtrez facilement, son pare choc avant est recouvert d’une guirlande de fleurs, le pare-brise d’une guirlande de pompons, le toit de la cabine est recouvert de drap vantant les mérites de groupes allemands des années 80 et sur le tableau de bord se mélange un tas de cassettes audio, de boites de Vache qui rit (vide), de verres de thé, de bouts de pain et bien sur le petit tapis pour quand vient le moment de la prière. Ah ben oui ça c’est une caractéristique importante de notre homme, il vous double comme un calus et 100m plus loin il s’arrête en plein milieu de la chaussée et descend faire sa prière sur le bord de la route, quand c’est l’heure c’est l’heure !
Enfin si après tout cela, vous me dites : oui mais moi ce que j’ai toujours voulu faire c’est chauffeur de taxi. Et bien rien de plus facile. Le chauffeur de taxi mène une quête perpétuelle : rattraper le temps. Il n’appuie jamais sur la pédale de frein parce que ça l’abîme. D’ailleurs c’est bien simple, c’est la seule pièce qui est d’origine sur leur voiture ! (et il faut voir la tête de leur voiture et encore les marocains c’est rien à coté des mauritaniens !). Comme il est intrépide et qu’il aime relever des défis, il cherchera les pneus les plus lisses du marché pour les monter sur sa chariote. Le chauffeur de taxi ne supporte pas la solitude alors il empile au maximum les passagers dans sa voiture parce que plus on est fous, plus on rit ! Et pour que tout ce petit monde (sans compter les bagages et les bêtes) n’écrase pas l’arrière de la voiture il pense à surélever l’essieu arrière, ce qui donne une impression que la voiture est prête à faire un grand plongeon. Enfin, il installe une belle moquette à poils long sur son tableau de bord afin de donner une ambiance coconning à l’habitacle.
Je parle, je parle mais il faut pas croire qu’on a l’air plus intelligent, nous les cyclistes. Le cycliste se repère de loin grâce à son casque aux couleurs vives dont la forme rappelle un gros œuf qui lui donne un air bête, ne nous le cachons pas. Pour faciliter son mouvement, il aime à mettre un petit caleçon ou short (en fonction de la saison) qui laisse apparaître une gambette musclée (ou pas trop) et poilue (à qu’elle est loin cette petite machine que l’on nomme épilateur) qui contraste quoique vous fassiez avec les populations locales. Le must pour l’identifier reste quand même le bronzage. A vélo on bronze beaucoup mais mal ! D’abord le nez, premier réflecteur, qui a tendance à virer au rouge plus souvent qu’à son tour, ensuite le tour du visage, balisé par les cheveux et les sangles du casque et enfin les jambes , ah les jambes, ou plutôt les chaussettes ! Sacrées chaussettes qui complètent efficacement la panoplie « abruti en vacances à vélo ».
Et comme lui aussi il est armé de son pouet pouet, il peut s’en donner à cœur joie quand un piéton ou un charretier inconscient lui coupe la route. Non mais, faut savoir se faire respecter !!!