Malawi : mission Livingstonia
Après avoir traversé une ville victime d’un tremblement de terre, respiré le parfum du poisson et de la kasava et croisé plusieurs serpents, nous partons effectuer une randonnée en montagne, sur les traces des premiers missionnaires du pays. Voici le récit de nos premiers tours de roues au Malawi.
Assis sur une chaise de jardin, un homme en uniforme parcourt la une de son journal, à l’ombre des basses branches d’un manguier. Absorbé par sa lecture, il semble ne pas avoir remarqué notre présence. Devant nous, une barrière métallique nous empêche de poursuivre notre route. Deux cordes attachées à un piquet prolongent le barrage jusque sur les bas côtés. Avec l’espoir d’attirer son attention, nous regardons avec insistance en direction du militaire. Il tourne la tête un court instant, nous entraperçoit et, considérant qu’il doit rêver, se replonge dans son article. Plusieurs minutes s’écoulent avant qu’il ne jette une nouvelle œillade dans notre direction. Réalisant finalement que nous ne sommes pas le fruit de son imagination, il entreprend de se lever, plie son journal et avec l’énergie d’une limace paralytique se dirige enfin vers nous. Parvenu sur le macadam, il s’arrête brusquement, se prend le menton dans la main et laisse échapper un « Hey ! Un vélo… deux personnes ». Il s’approche, fait le tour de notre engin et bégaye une série de « Hey ! » brefs.
-« D’où venez-vous ? »
-« De France »
- « Vous avez parcouru tout ce chemin à vélo ?»
-« Oui, 14000 km »
-« Combien ? »
-« 14000 km »
Comme il reste dubitatif, j’appuie sur l’un des boutons de notre compteur kilométrique et lui montre le chiffre sur l’écran. « Hey ! », lance t-il à nouveau en farfouillant dans une des poches de son treillis. Il en sort un téléphone portable, se rapproche de notre compteur et note scrupuleusement 14216 km dans l’aide mémoire de l’appareil. « C’est pour que je m’en souvienne ce soir pour en discuter avec les collègues », nous explique t-il en entrouvrant la barrière. Un large sourire illumine son visage rond et plissé. Alors que nous franchissons le barrage, il nous gratifie d’un salut militaire, referme la barrière et avec le même entrain qu’à l’aller, traîne sa lourde carcasse jusqu’à sa chaise en plastique.
Tremblement de terre
Nous avons franchi la frontière, à Songwe, il y a moins d’une heure. Cap désormais sur Karonga, la première ville d’importance au nord du Malawi. Le trafic est presque inexistant comparé aux routes passagères de Tanzanie. Une pluie fine dépose sur nos avant bras un duvet de gouttelettes microscopiques. Le crachin semble envelopper toute la végétation alentour d’un manteau blafard. A travers ce voile laiteux, nous distinguons des silhouettes fantasmagoriques, transportant sur leur tête des fagots de bois, des bêches ou des machettes. En surplomb de la route, sur une pente boueuse, nous apercevons une école dont la façade de brique s’est effondrée. A quelques pas, un groupe d’enfants en uniforme bleu patiente devant une tente blanche, ciglée UNICEF. Alors que nous pénétrons dans Karonga, nous sommes surpris de découvrir plusieurs dizaines d’autres constructions détruites. Des tentes ont également été dressées à proximité. Manifestement, la région a été récemment frappée par une catastrophe. Nous nous renseignons. Le 6 décembre dernier, la terre a tremblé sur le secteur. Quatre personnes ont trouvé la mort et des dizaines d’autres ont perdu leur domicile. Les travaux de reconstruction ont débuté, lentement. Mais beaucoup dorment encore sous la tente alors que la saison des pluies bat son plein.
Première rencontre avec le lac
Nous suivons les indications « Vieille ville ». Pas la moindre trace de monument ou de centre historique. La route pénètre dans une zone boisée où fleurissent des pavillons modestes et quelques cottages bordés d’un jardinet. Nous finissons par déboucher sur une plage sans charme, hérissée de quelques abris de paille. A travers la brume, nous distinguons à peine les eaux grisâtres du lac Malawi. Cet immense plan d’eau peut s’enorgueillir d’être le troisième plus grand d’Afrique. Si sa largeur reste modeste, entre 30 et 80 kilomètres, celui qui porte également le nom de lac Nyasa, s’étend sur plus de 580 kilomètres de long. Nous suivrons régulièrement ses rives dans les jours à venir. En attendant, nous le laissons assoupi dans ses draps cotonneux et gagnons une auberge bon marché.
Overdose de kasava
La pluie s’en est allée. Les doux rayons de soleil qui filtrent à travers les brumes matinales nous révèlent enfin au grand jour les paysages environnants. Le relief est pour le moment assez peu accidenté. De chaque côté de la route s’étendent des parcelles cultivées où poussent principalement du maïs et des plans de kasava. Ces derniers produisent des tubercules qui sont plongés dans l’eau, réduits en farine, séchés au soleil puis consommés sous forme de pâte nommée de ce côté de la frontière m’sima. Ces boules blanchâtres roboratives et particulièrement insipides sont à la base de l’alimentation au Malawi. C’est d’ailleurs le cas dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne. Certes les céréales et le procédé de fabrication changent. Mais qu’on l’appelle fufu, ugali ou m’sima, le résultat est le même. Un plat consistant et bon marché qui a l’allure et d’aucuns diront, le goût du ciment. Soyons honnêtes, après 13 mois de voyage, la simple vue d’une portion de cette pâte blanche, nous retourne l’estomac. Impossible pourtant d’y échapper. Elle est au menu dans n’importe quel restaurant. Pire, elle nous poursuit sur la route. Dans chaque village, des boulettes de farine de kasava prennent le soleil sur des séchoirs en bois et diffusent dans l’atmosphère un parfum de chaussettes sales. En bord de lac, l’odeur opère un mariage diabolique avec le fumet des poissons qui sèchent sur des bâches tendues sur le sol.
Le vrai visage du lac
Nous marquons une pause à Chitimba. Un couple de Hollandais a ouvert un campement en sur la plage. Nous louons une petite case en bambous sur pilotis. Le lac qui refusait de nous dévoiler ses charmes à Karonga, se révèle aujourd’hui sous ses plus beaux atours. L’eau semble changer de couleur à chaque instant. Tel un peintre face à son chevaler, le soleil donne, à l’onde, du bout de ses rayons, des reflets marines, émeraudes ou argentés. Sur le sable blanc, une rivière vient finir sa course dans un entrelacs de roseaux et de branches mortes. Avant de mélanger sa fougue aux eaux claires du lac, elle forme un estuaire miniature où des gamins, torse nu, pêchent le chambo à la ligne. En surplomb, tel un géant prêt à prendre son bain, un sommet aplati jette ses pentes verdoyantes dans l’écume. A l’horizon, de l’autre côté du lac, on devine derrière le ciel nébuleux, les silhouettes sombres des monts du Mozambique.
Nous ne résistons pas au plaisir de nous plonger dans l’eau. Elle est incroyablement chaude.
Nos premiers serpents
De retour au campement, nous constatons en apercevant une pendule, que l’heure n’est pas la même qu’en Tanzanie. Le patron nous confirme, il y a bien une heure de moins. Nous comprenons enfin pourquoi le gardien de l’auberge n’en revenait pas de nous voir nous lever à 4h du matin.
Devant le lavabo du bloc sanitaire, je fais une rencontre inattendue. Alors que je m’avance pour me laver les mains, je retrouve nez à nez avec un petit serpent fin, de couleur verte avec des reflets bleutés. Nous sommes aussi surpris l’un que l’autre mais il est le premier à prendre la fuite en rampant sous le toit. Quelques heures plus tard, alors que nous achevons une petite réparation sur le tandem, nous apercevons un autre spécimen, plus long, ramper entre les rayons de la roue avant. Il est noir et traversé de part en part par une fine ligne jaune. Nous voyons des dizaines de lézards tous les jours mais en 13 mois de voyage, c’est la première fois que nous sommes confrontés à des serpents vivants. Je pars me renseigner auprès du patron qui me prête un guide d’identification. Après quelques recherches, je finis par reconnaître nos deux invités surprise du jour. En anglais, ils portent les patronymes très distingués de « green water snake » et de « brown house snake ». Tous deux sont inoffensifs comme plus de 90% des espèces d’Afrique Australe. Le patron du campement m’explique que les serpents abondent dans la région. De nature plutôt discrète, ils fuient généralement en présence de l’homme et sont donc difficiles à observer. La plupart d’entre eux ne sont pas venimeux. Certaines espèces comme le puff ader ou le très redouté mamba noir sont toutefois particulièrement dangereux. Mais encore une fois, les morsures sont rares et 98% des victimes échappent à la mort. Une menace insignifiante comparée par exemple aux risques liés aux accidents de la route.
L’aventure en camion
Nous n’avons cessé d’en voir sur la route et ce soir, il y en a deux, garés dans l’enceinte du campement. Ce sont de gros camions équipés pour la piste avec une longue rangée de fenêtres sur le côté. Sur tous ou presque, a été apposé un logo coloré comportant le mot « adventures ». Curieux, je m’approche de l’un d’eux ciglé Gecko Adventures. Un couple d’Australiens m’explique. Il s’agit de voyages organisés. Chaque camion peut embarquer de deux à une vingtaine de personnes. A bord, un chauffeur-mécanicien, un guide et un cuisinier. Différents itinéraires sont proposés. Le plus fréquenté dans cette partie de l’Afrique relie Cape Town à Nairobi en passant par les chutes Victoria. Un voyage d’environ deux mois. Le tarif inclut la nourriture et généralement plusieurs safaris. Une manière originale de partir à la découverte des parcs nationaux sans totalement se ruiner. Le soir, tout le monde dresse sa tente et partage le repas préparé par le cuisinier. Et la formule fonctionne. Les compagnies les plus réputées gèrent un parc de 70 camions. Au Malawi, de nombreux campements ne vivent d’ailleurs que de cette clientèle.
Le couple d’Australiens avec qui nous avons discuté nous offrent deux livres « The other hand » et « Right to the edge », un récit de voyage de Charley Boorman, célèbre notamment pour avoir traversé l’Afrique à moto avec l’acteur Ewan Mc Gregor. Ces deux bouquins sont les bienvenus. Nous n’avions plus rien à lire depuis plusieurs semaines et cela nous manquait. Finalement, le cuisinier sonne l’heure de l’apéro. On nous apporte des verres de punch puis on nous retient pour manger. L’atmosphère est conviviale. Entre les couples de trentenaires et les jeunes retraités, le courant semble bien passer. Nous venons de découvrir une autre manière de voyager.
Les 20 lacets de Livingstonia
Il pleut à nouveau ce matin mais peu importe. Ce n’est pas une averse qui va nous faire renoncer à la randonnée que nous avons programmée. Notre objectif rejoindre à pied la ville de Livingstonia, nichée à un peu plus d’une quinzaine de kilomètres dans les montagnes. Nous gagnons le village de Chitimba sur les coups de 6h puis bifurquons à droite sur une piste de terre qui disparaît dans la végétation après une série de virages en lacets. La pente est particulièrement escarpée et le sol détrempé réduit l’adhérence de nos chaussures. Nous observons des hommes et des femmes, de lourds sacs rivés sur la tête, emprunter des raccourcis vertigineux sur des sentiers étroits et rocheux. J’ai en mémoire une glissade d’anthologie sur un terrain similaire en Ethiopie et refuse de prendre le risque de me retrouver une nouvelle fois à ramper dans la boue. Bien sagement, nous suivons la piste principale. A chaque virage, nous regrettons que le ciel soit si chargé. Nous devinons à peine le lac qui roule ses eaux marines plusieurs centaines de mètres en contrebas. Dommage, la vue doit être magnifique par temps clair. Après trois heures d’ascension et vingt lacets, nous débouchons sur un premier plateau où nous apparaissent plusieurs maisons et quelques petits magasins. Il n’a pas cessé de pleuvoir. Nous croisons des hommes à l’œuvre dans les champs ainsi qu’un 4x4 ambulance qui descend vers Chitimba. Nous demandons notre chemin à une femme transportant du bois. Elle nous renseigne avec le sourire. La piste n’est plus qu’un champ de boue. Celle-ci colle à nos chaussures et nous fait glisser presque à chaque pas. Nous grimpons à nouveau au milieu de parcelles cultivées en dévers. Après une bonne heure de marche, nous pénétrons dans un village. Des arbres bordent la piste. Les premières maisons en briques rouges sont toutes identiques. Nous dépassons un long bâtiment qui s’avère être un dortoir pour étudiants, puis une seconde construction toujours en briques avec l’inscription David Gordon Memorial Hospital gravée sur le fronton. L’établissement a été édifié en 1910 et est longtemps resté le centre de santé le plus moderne du pays. Aujourd’hui, il joue encore un rôle majeur à l’échelle régionale. Pas de doute, nous sommes bien arrivés à destination.
Riz-poulet-épinards
Nous marchons encore quelques centaines de mètres et marquons une pause devant l’université surmontée d’une tour à horloge très british. En face, nous découvrons une série de coquettes villas dotées de cheminées et de patios fleuris. Mais pourquoi avoir érigé de pareilles constructions sur ce plateau reculé ? La réponse se trouve dans Stone House, la première maison de pierre bâtie à Livingstonia. Elle nous apparaît derrière un petit bois de conifères. Les briques rouges omniprésentes ailleurs sont absentes ici. Le long bâtiment a été édifié à l’aide d’imposants blocs de roche grisâtre prélevés à proximité. Nous grimpons la volée de marche qui mène au balcon puis pénétrons dans une première pièce haute de plafond. La lumière du jour pénètre par un bow-window au pied duquel trône une banquette. Le parquet craque sous nos pas. Comme le fait remarquer Adeline, on se croirait dans la villa du Cluedo. Il n’y a personne. Nous appelons. Rien. Nous retournons nous asseoir sur le balcon et patientons. Un petit homme ne tarde pas à faire son apparition. Il nous accueille avec un large sourire et nous demande si nous souhaitons visiter le musée. Nous sommes là pour ça mais après cette longue marche, nous préférons d’abord nous restaurer. « Pas de problème », nous répond t-il enjoué. « Je vous demande cinq minutes, je vous apporte des boissons pour patienter ». Nous sirotons un Fanta en consultant l’ardoise où figure le menu. Les minutes passent et nous ne tardons pas à avoir froid. Nous rentrons nous installer à l’intérieur. Un quart d’heure s’écoule à nouveau puis soudain nous voyons notre homme surgir un plateau dans les mains. Il dépose deux assiettes de riz-poulet-épinard sur la grande table en bois dressée au milieu de la pièce. Nous le regardons étonnés. Nous n’avons pas passé la moindre commande mais de son propre chef, il a préparé du riz-poulet-épinard sans même nous consulter. Adeline qui avait déjà repéré des crêpes sur le menu tire la tronche.
-« Vous auriez pu nous demander ce que nous voulions avant de cuisiner »
Lui gêné : « Euh, oui, vous n’aimez pas le riz ? »
-« J’ai en marre du riz. Je préférerais manger une crêpe »
-« C'est-à-dire que nous n’avons pas d’œufs »
-« Et, vous n’avez que du poulet comme viande ? »
-« Euh, nous avons du bœuf, mais il faut que j’aille le chercher et ça va être long »
-« Bon, qu’est ce que vous avez d’autres. Il y a plein de choses de marquées sur votre menu ».
-« C'est-à-dire que nous n’avons que du riz, du poulet et des épinards. »
Il faut préciser que dans n’importe quel restaurant, même si le menu est gros comme un bottin, il n’y a que du m’sima (voir plus haut) ou du riz-poulet-épinard. Pas la peine donc de perdre son temps à choisir.
Mission Livingstonia
Nous avalons notre assiette sans conviction mais avec beaucoup de ketchup et passons à l’étape suivante, la visite du musée. Deux pièces à l’arrière de la maison présentent des objets et des documents racontant l’histoire de Livingstonia. Remontons à la fin du XIXe siècle. En l’honneur de l’explorateur David Livingstone (1813-1873) et dans l’objectif de poursuivre son œuvre d’évangélisation et de lutte contre l’esclavage, un groupe de missionnaires écossais parvient sur les rives du lac Nyassa. Ils s’établissent dans un premier temps à Cape Mc Clear. Mais la malaria fait des ravages et les populations locales semblent peu réceptives à leur message. Des différends avec les marchands d’esclaves arabes et portugais qui investissent régulièrement la région, compliquent encore la situation. Les chefs locaux ont en effet pour habitude de leur vendre des hommes pour acheter des armes et du coton. Après cinq années, la mission est considérée comme un échec. Les survivants s’installent plus au nord. Mais ils font rapidement face aux mêmes problèmes. Pour échapper à la malaria, le docteur Robert Law, décide en 1894, de prendre de la hauteur. Il repère un site idéal, perché sur un plateau au climat tempéré. Après une gestation de plus de 15 ans, Livingstonia est enfin née. D’autres missions, protestantes dans le sud et catholiques dans le nord ont été établies dans le même temps. Les missionnaires sont bientôt suivis par des commerçants anglais et écossais. En 1891, les Britanniques négocient avec les souverains indigènes la formation d’un protectorat. Il prendra le nom de Nyassaland en 1907. Le trafic d’esclave a été aboli entre temps en 1904.
Ephesians 2-14
Dans la seconde salle, un cliché noir et blanc nous interpelle. Il s’agit d’une photo de Stone House prise d’avion. Dans le jardin, apparaît en grosses lettres blanches l’inscription Ephesians 2-14. Un bristol fournit une explication. Nous sommes en 1959. Le Nyassaland est en proie à de violents troubles, prémices de l’indépendance prochaine. Inquiets pour les missionnaires de Livingstonia, le gouvernement fédéral envoie un avion qui largue le message suivant : « Tracez un I sur le sol si vous souhaitez être évacués et un V si, au contraire, vous êtes en sécurité ». En cette période de fortes tensions raciales, les missionnaires décident d’envoyer un tout autre message, une référence à la Bible appelant toutes les communautés à vivre ensemble dans la paix. La photo fera le tour du monde. L’inscription a été cimentée et est toujours visible dans le jardin.
Le Nyassaland accède finalement à l’indépendance en 1964. La République est proclamée deux ans plus tard. Kamuzu Banda devient président. En 1971, il est nommé président à vie. Il ne renoncera à ce statut qu’en 1993 à l’âge de 97 ans. Le Malawi s’ouvre alors au multipartisme et à la démocratie. Des élections sont organisées. Banda est définitivement évincé.
Plongée vers le lac
Le soleil est revenu lorsque nous sortons de la pénombre de Stone House. Sur la piste la boue a commencé à sécher. Le spectacle que nous avions raté ce matin, s’offre à nous désormais. A nos pieds, des pentes, telles des torrents de verdure, plongent vers les eaux argentées du lac. Dans la végétation apparaissent de loin en loin, des cases au toit de paille d’où s’échappent des volutes de fumée blanchâtres. A l’horizon, on distingue clairement les rives escarpées du Mozambique. Nous nous laissons glisser vers la plage qui, vue de haut, nous fait l’effet d’un long ruban de soie abandonné négligemment sur le sol.
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Ils nous soutiennent
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