Namibie : le road trip

Dix jours en dix images. Voici le résumé de notre escapade motorisée dans le centre et le sud de la Namibie. Une excursion de près de 3000 km qui n’a fait que confirmer nos premières impressions. La Namibie est le pays des grands espaces et des panoramas à couper le souffle.



Chapeau pointu

Namibie : le road trip
Nous avons rencontré Pierre et Günther au Cardboard Backpackers, à Windhoek. Ils cherchaient des passagers pour compléter leur équipage. A quatre, la location d’une voiture rentrait dans notre budget. Nous avons sauté sur l’occasion. Nos deux compagnons de route sillonnent les pistes africaines depuis plusieurs mois, sac au dos. Ils ont visité les mêmes lieux que nous, connu les mêmes joies et les mêmes galères. Nous avons beaucoup a échangé. Pierre est Québécois. Il a débuté son périple en Egypte. Günther est Autrichien et a pris la route au Kenya. Ils ont fait connaissance dans un train en Tanzanie et ont décidé de faire un bout de chemin ensemble. Nous nous greffons donc au binôme, sur la banquette arrière d’une Toyota Corolla, direction Swakopmund. Nous revenons d’une excursion de cinq jours dans la cité balnéaire et ses environs mais faute de moyen de locomotion, avons manqué de nombreux centres d’intérêt en chemin. A commencer par le Spitzkoppe. Le terme signifie chapeau pointu en allemand. La montagne dont il est question semble en effet surgir sur l’horizon plat et désertique comme un énorme couvre-chef effilé. A ses côtés, le Pondok s’étale tout en rondeurs. La longue falaise arbore sur ses reins nus une série de dômes, semblables à des œufs d’autruche gigantesques. Dans la lumière du soir, les deux monts de granit revêtent une chemise de nuit orangée aux reflets d’or. Aux pieds des deux colosses, gisent des centaines d’autres blocs rocheux arrondis, en arche, en équerre, comme tombés d’une toile de Dali.
Nous dressons nos tentes dans ce monde minéral à la géométrie farfelue. A l’heure du repas, nous avons droit à la visite de grosses souris blanches et rousses aux larges oreilles rondes. Elles furètent entre nos pieds à la recherche de miettes égarées.

Ici la Lune

Namibie : le road trip
Les paysages des environs de Swakopmund sont d’une variété sans équivalent. En une poignée de kilomètres, on peut déambuler dans une rue à l’architecture germanique, escalader l’arête d’une dune de sable de plus de 100 mètres et même aller se promener sur la Lune.
A l’entrée du parc du Namib Naukluft, le temps et les éléments ont sculpté un univers de bosses et de cratères, sombres et crèmes, qui ressemble fortement aux clichés que l’ont connaît de notre satellite. Pas un hasard que l’endroit est hérité du nom de « moonlandscape ».

Monstre végétal

Namibie : le road trip
Ici, la nature ne semble obéir à aucune règle. Sur la planète Namibie, elle suit son propre chemin. Parmi les innombrables plantes endémiques du pays, la welwitchia mérite la palme, non pas de la beauté, mais de l’originalité, à défaut de la longévité. Ce monstre végétal qui se plait à vivre au milieu de rien, croît à la vitesse d’une fourmi. Pour atteindre et même dépasser la taille d’une voiture, il lui faut donc des siècles voire des millénaires. Le plus vieux spécimens des lieux, qui est en réalité un femelle (les sexes sont distincts), aurait atteint l’âge canonique de 1500 ans. Malgré les apparences, cette distinguée grand-mère ne possède que deux feuilles. Pour éviter que des touristes peu scrupuleux ne viennent lui faire une tonte au sécateur, on l’a entourée d’un grillage.

Solitaire la bien nommée

Namibie : le road trip
La Namibie est presque deux fois vaste comme la France mais ne compte que deux millions d’habitants. Alors forcément, les villes n’ont rien de métropoles grouillantes. Solitaire, la bien nommée, figure sur la carte comme une localité relativement conséquente. En réalité, comme dans bien des cas, il ne s’agit que d’une station service autour de laquelle gravitent quelques bicoques. L’ensemble à Solitaire n’est toutefois pas dénué de charme. Le maître des lieux à su donner à l’endroit un aspect far-west. La boutique de la station arbore un comptoir fin XIXe et une caisse enregistreuse assortie. Dehors, des véhicules hors d’âge rouillent au soleil entre les cactus. Dans la boulangerie d’où s’échappe un délicieux fumet, on prépare le meilleur Apfelstrudel de toute l’Afrique. C’est vrai, je l’ai goûté.

Assaut sur la dune 45

Namibie : le road trip
C’est une sorte de course contre le soleil. Chaque matin à 5h30, les gardiens de Sesriem donnent le départ. Un cortège de voitures tous phares allumés s’engouffrent dans la nuit délavée. L’assaut sur la dune 45 est lancé. L’aurore bat doucement ses cils gris et violets. Les silhouettes des géants de sable qui nous entourent se dessinent dans la pénombre. Kilomètres 45. La ligne rouge des véhicules éclairés bifurque à gauche. Déjà sur l’arête de la vedette des lieux, une colonne humaine se détache. Nous prenons notre place dans la file indienne haletante et courbée. Notre entraînement à vélo est payant. En une poignée de minutes, nous avalons les 150 mètres de dénivelé et atteignons le sommet parmi les premiers. Tout le monde s’assoit à même le sable, prêt pour un moment d’éternité. Seul le souffle court des visiteurs qui en terminent avec l’ascension (et le rire gras des overlanders) vient troubler le silence. Il n’y a pas de trois coups. Le soleil entre en scène sans prévenir et il n’attend pas les retardataires. En quelques minutes, ses rayons ont gagné en puissance et révèlent la dune 45 sous ses plus belles couleurs.

La vallée de la mort

Namibie : le road trip
Cinq kilomètres avant Sossusvlei, la route s’arrête et laisse place à une piste sablonneuse accessible uniquement en 4X4. Notre Toyota Corolla n’ira pas plus loin. Pour rejoindre le site le plus visité de Namibie, un système de navettes tout-terrain a été mis en place. Il répond au nom sophistiqué de « Sossusvlei 4X4 Shuttle ». Nous hésitons. Jeep ou marche à pied ? Renseignement pris, ce sera la marche à pied, sans discussion. Pour un aller-retour de dix kilomètres, le service est facturé 11 euros par personne ! Voilà sans doute le taxi le plus cher d’Afrique. A 360°, des montagnes de sable orangées dont les plus hautes culminent à 325 mètres. Des oryx au interminables cornes trottinent à leurs pieds et transforment la scène en carte postale.
Nous mettons cap sur Deadvlei, la vallée de la mort. Le site nous apparaît au sommet d’une basse dune horizontale. Un lac asséché depuis des millénaires, couleur crème, coiffé d’arbres morts, comme pétrifiés. Le ciel est d’un bleu intense, les dunes environnantes orange sombre, le sol craquelé blanc cassé. Un spectacle de désolation aux couleurs étincelantes.
La dune de Sossus dessine une courbe parfaite à moins d’un mile dans cette mer de sable. D’autres lacs asséchés lui bordent les pieds. Cette fois-ci, nous sommes seuls. Nous grimpons les 200 mètres de dénivelé qui nous permette d’embrasser à perte de vue le désert de dunes. Demain, le vent, artiste insatisfait, aura donné une nouvelle allure à son tableau le plus parfait.

Traversée de zèbres

Namibie : le road trip
Prendre la route en Namibie est une expérience en soi. Les pistes de gravier, telles des ouvreuses de cinéma, vous conduisent aux premières loges d’une gigantesque salle aux mille spectacles. Les couleurs changent sans cesse offrant des combinaisons qui n’existent probablement nulle part ailleurs dans la nature. Les passes escarpées, les collines rocheuses offrent des points de vue aériens sur ces immensités sauvages. De temps en temps, un panneau prévient de la traversée d’oryx, de zèbres, de girafes, d’autruches. Les animaux sont omniprésents. Un 4X4 nous dépasse et un écran de poussière nous oblige à presque nous arrêter. Nous toussotons. Le brouillard se dissipe. Le paysage a encore changé.

Chevaux sauvages

Namibie : le road trip
Leur origine semble incertaine. Pour certains, c’est l’armée allemande qui les a laissés sur place, lors de leur défaite, en 1915, pour d’autres se sont des animaux échappés des immenses propriétés environnantes. Quoi qu’il en soit, depuis un siècle environ, plusieurs dizaines de chevaux vivent aux environ d’Aus à l’état sauvage. Ils seraient une soixantaine à l’heure actuelle. Ils se nourrissent de la maigre végétation basse de la région et peuvent rester jusqu’à 72 heures sans boire durant l’hiver. Un point d’eau aménagé à quelques hectomètres de la route de Lüderitz permet de les observer facilement.

Cité fantôme

Namibie : le road trip
Une boulangerie, un hôpital, de vastes villas et même un casino et un bowling. La ville a jadis été prospère mais aujourd’hui à part quelques touristes de passage, on ne trouve pas âme qui vive à Kolmannskuppe. L’endroit est devenu une cité fantôme dévorée par le sable. Et comme rien ne se perd, on fait payer les visiteurs 5 euros pour s’offrir une promenade dans les maisons en ruines.
Kolmannskuppe a dû son essor au diamant. Elle se trouve à la lisière de cette immense zone interdite, située au sud-ouest de la Namibie, où les pierres précieuses abondent. Mais vers 1930, des gisements plus productifs ont été mis au jour, plus au sud à Oranjemund. La ville est morte comme elle est née.

Fish river canyon

Namibie : le road trip
A Hobas, le campement attire deux espèces d’animaux. Les chacals et les babouins. Nous avons eu la visite discrète d’un de ces discrets canidés à l’heure du repas du soir. Le dos foncé, le museau fin et allongé, de grandes oreilles arrondies, il s’est approché timidement à moins de deux mètres de la table espérant glaner quelques restes. Les babouins n’ont pas fait dans le détail. Ils ont fondu sur notre emplacement à l’heure du petit-déjeuner, l’un d’eux profitant de notre coffre ouvert pour faire main basse sur un sac de nourriture. Heureusement, nous sommes parvenus à l’effrayer et il a lâché son butin.
Mais la raison de notre présence à Hobas est tout autre. Elle se nomme Fish River Canyon, la cerise sur le gâteau de ce périple de dix jours. La rivière et les éléments ont sculpté la montagne. 550 mètres sous nos pieds, le mince cours d’eau se tortille en d’improbables méandres dessinées à travers la roche. Le spectacle se poursuit durant 150 km. Un chemin de randonnée escarpée descend dans les entrailles de ce miracle géologique. 85 km à effectuer en 5 jours. La prochaine fois peut-être.

Namibie : le road trip
Une onzième photo pour la route. Durant cette excursion, nous avons franchi le Tropique du Capricorne dans les deux sens. Nous leur refranchirons à vélo dans les prochains jours.


Plus de photos dans la galerie Namibie.

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1.Posté par Eve le 22/05/2010 17:05
Enfin des nouvelles que j'attendais avec impatience, :)
Quelles magnfiques photos qui ne sont pas sans me rappeler les paysages de la Mauritanie
avec une certaine nostalgie.
Je vous envie, continuez à prendre soins de vous et bonne continuation
xxxx

2.Posté par Dominique Landais le 25/05/2010 09:39
Coucou,
C'est Dominique, rencontre d'Addis....l'adoption.
Je redécouvre un magnifique pays que nous avons eu le bonheur de visiter en 2008,
Nous sommes passés par Solitaire comme vous....
Que du bonheur!!!!!
Bonne continuation à vous, et....
Bonne coupe du monde....

3.Posté par kurtis trent le 29/06/2010 20:14
Les paysages font penser à un décor de western , surtout le fish river canyon .Ca tombe bien le capricorne est mon signe.

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