Pause à Barcelone



Le défilé des assiettes

Pause à Barcelone
Jeudi 29 janvier

Lorsqu’on ignore tout de la langue du pays que l’on visite, une bonne technique pour acquérir le vocabulaire rudimentaire consiste à pousser la porte d’un restaurant. En épluchant la carte, en écoutant attentivement le serveur et en épiant discrètement la conversation des voisins de derrière, on parvient à quitter la table, le ventre plein, et l’esprit enrichi des mots nécessaires à la conversation de base. Nous avons donc fêté notre arrivée à Barcelone en sacrifiant à la tradition des tapas. Véritables institutions culinaires en Espagne, ces amuse-gueules sont servis dans la plupart des restaurants et des bars en petites portions généralement accompagnées d’un verre de vin. Pour nous, qui nous nourrissons de rations militaires depuis près d’une semaine, voir défiler les assiettes sur la table a quelque chose de terriblement excitant (décidément, la nourriture m’obsède). Tartines sauce tomate, asperges en sauce, champignons, calamars fris, nous avalons tout avec appétit.

La patte de Gaudi

Pause à Barcelone
Vendredi 30 janvier

Barcelone, 1,7 millions d’habitants, deuxième ville d’Espagne a des mensurations peu propices à la circulation en tandem. Pas question donc aujourd’hui de monter en selle. Le vélo que nous avons péniblement hissé au premier étage de l’auberge de jeunesse où nous séjournons, a droit lui aussi à sa journée de repos. Un repos tout relatif en ce qui nous concerne. Levé 8 heures. Au programme visite de la ville, à pied s’il vous plait.
Impossible de sillonner les artères tracées au cordeau de la capitale de Catalogne sans apercevoir la patte peu académique de Antoni Gaudi. Du parc de Guëll où l’on domine, face à la mer, la cité entière, au quartier de l’Eixample, sur lequel se dresse le temple de la Sagrada Familia, l’architecte moderniste a imposé son style.
La Sagrada Familia, son chef-d’œuvre. Il consacra à la cathédrale les dernières années de sa vie et ne put voir que le chœur et la façade du bras sud du transept achevés. Aujourd’hui, l’édifice est toujours entouré par les grues. La construction se poursuit en suivant plus ou moins les projets de Gaudi. Et la livraison n’est pas prévue pour demain. Si tout va bien, l’œuvre pourrait être achevée en 2026, pour le centenaire de la mort de l’architecte. Un siècle et demi de travaux auront alors été nécessaires pour élever ce temple qui fut en compétition pour devenir l’une des sept nouvelles merveilles du monde.

Demain, nous levons le camp direction Tarragone. Presque 1300 km au compteur et deux crevaisons (en deux jours).

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