C’est l’un des plus vastes et probablement le plus célèbre des parcs animaliers d’Afrique. Durant quatre jours, nous sommes partis à la découverte du Serengeti et du cratère du N’Gorongoro, voisin. Récit de notre safari dans l’un des derniers paradis terrestre.
C’est une mer d’herbe rase qui ondoie à l’infini des vaguelettes couleur fauve. De loin en loin, tels des îlots, se dressent des amas de roches granitiques, surmontés de bosquets verts et d’arbres trapus. Comme de gigantesques cairns naturels, ces amoncellements de pierres, appelés « kopjes », permettent de s’orienter dans ce néant végétal brûlé par le soleil. Voilà un bon quart d’heure que nous avons franchi Naabi Hill Gate. Derrière cette porte qui pourrait être celle de l’Arche de Noé, s’étend sur un territoire vaste comme la moitié de la Bretagne, l’un des plus grands et sans doute le plus célèbre des parcs animaliers de la planète. Serengeti, « terre aride et étendue » en langue masaï, l’endroit porte bien son nom.
Debout sur la banquette arrière de notre Land-Rover, telles des vigies en haut d’un mât, nous voguons à travers la plaine sans fin, les sens aux aguets. A vrai dire, il n’y a qu’à ouvrir les yeux. Partout où se porte notre regard, ils sont là. Des gnous par centaine de milliers stationnent dans l’herbe jaunie. Leurs corps de bovin ramassés, leurs têtes hirsutes, se confondent sur plusieurs kilomètres en une masse sombre et beuglante. C’est la période des naissances. Jusqu’à 8000 femelles mettent bas chaque jour. Une aubaine pour les prédateurs, hyènes en tête, qui n’hésitent pas à s’attaquer aux entrailles des mères pour leur arracher leur petit en train de naître. Mais chez les carnivores, l’heure semble davantage être à la sieste. Sous un des rares arbustes alentours, une famille de lions baillent aux corneilles sans s’émouvoir de la quantité de steaks sur pattes qui se dandinent à moins de 50 mètres de leurs museaux. Notre présence ne semble pas davantage les sortir de leur léthargie. A cette heure-ci, il fait chaud et chaque mouvement est une dépense d’énergie inutile. Seul, le mâle tourne sa tête couronnée dans notre direction, révélant des yeux ambrés, bordés d’un noir profond. Je peine à me détacher de la lueur qui se consume au fond de son regard. Il n’y a ni haine, ni agressivité. Juste une évidence. Nous ne sommes pas du même monde. Il est le maître en ces lieux. Il nous tolère tout au plus.
1,6 millions de gnous
Notre 4X4 a repris sa course et rebondit comme un insecte sur la piste caillouteuse. A travers le nuage de poussière blanchâtre qui s’échappe à l’arrière du véhicule, nous voyons disparaître l’interminable colonne des gnous. Au mois de mars, suivant un rythme ancestral, le groupe, fort d’1,6 millions d’individus, se mettra en mouvement vers le nord à la recherche de meilleurs pâturages. Une migration dont la science n’a pas encore percé tous les secrets, au cours de laquelle 5% du cheptel périra. Les documentaires retraçant le phénomène sont légions. Les images du plus grand troupeau du monde traversant les rivières Grumeti et Mara, infestées de crocodiles, ont fait le tour du monde.
Le Serengeti attire les caméras, les appareils photos. Yann Arthus-Bertrand y a fait ses armes. Il faut dire qu’en matière de protection de la nature, c’est une des rares histoires à succès. Remontons dans les années 1950. Le Serengeti est alors l’unique parc de Tanzanie. Pour le professeur Bernard Grzimek, responsable à l’époque de la conservation « un parc national doit rester absolument sauvage et vierge pour exister ». Selon ses directives, le Serengeti est tenu à l’écart du monde des hommes. Personne y compris les Massaïs, originaires des lieux, n’est autorisé à y habiter ou à y faire paître ses troupeaux. C’est toujours le cas aujourd’hui. Certes, la mesure est drastique mais un demi-siècle plus tard les chiffres sont là. Le Serengeti compte quatre fois plus d’animaux qu’autrefois. Bernard Grzimek marquera de son empreinte l’histoire de la région. Son fils, Michael, donnera sa vie pour la sauvegarde du parc. Il mourra lors d’un accident d’avion au cours de la réalisation du film « Serengeti shall not die ». Les deux hommes sont les seuls Européens à être enterrés dans la zone protégée du N’Gorongoro qui autrefois faisait partie du parc national du Serengeti.
Gare aux buffles
Le paysage a changé. Des arbres, quasi-inexistants jusqu’à présent, s’élèvent sur un matelas d’herbe fraîche. Nous franchissons plusieurs cours d’eau dominés par de hauts sycomores. Des marabouts sont perchés dans les branches les plus élevées. De minuscules échassiers aux pattes surdimensionnées pataugent dans les flaques à quelques mètres d’une famille d’hippos qui ne laisse entrevoir que ses narines émergées. Il n’y a pas que les gros mammifères qui soient présent en nombre dans le parc. Le site héberge plus de 400 espèces d’oiseaux.
A quelques encablures, un groupe de girafe progressant à l’amble, surgit d’une forêt d’acacias. Elles stoppent au milieu de la piste pour observer du haut de leur stature, nos courtes silhouettes dépasser du toit de la voiture. Notre chauffeur tourne à gauche. Sur une aire dégagée au milieu d’un bois d’arbres courts, une dizaine de tentes kaki ont été dressées. Voilà où nous allons passer la nuit. Nous aidons notre chauffeur et notre guide à installer notre bivouac tandis que dans le lointain retentissent des barrissements d’éléphants. Nous partageons le site avec une trentaine d’autres personnes. Le soir, le dîner se déroule à la lueur des lampes à pétrole (enfin, pas pour nous car notre guide à oublier la nôtre à Arusha) dans une salle de réfectoire commune, ouverte sur la nature.
La nuit est calme. Contrairement à ce que j’avais imaginé, aucun bruit ne vient perturber notre sommeil qui, il est vrai, doit être de plomb après la journée que nous venons de passer.
Après un copieux petit-déjeuner, nous remontons à bord de notre Land-Rover et constatons avec surprise que deux énormes buffles ont pris leurs quartiers juste à la sortie du campement.
Ils nous observent en ruminant, les oreilles basses, l’œil impassible. Méfions nous de l’eau qui dort. Ces montagnes de muscles surmontées d’un casque de corne, sont les animaux les plus meurtriers au Kenya, loin devant le lion (sur le continent africain en général, c’est l’hippopotame qui détient ce triste record).
Sur les traces du léopard
Nous nous éloignons et sur une piste bordée d’acacias et d’arbres à saucisses, nous nous mettons en quête du plus discrets des félins : le léopard. Chasseur nocturne, ce gros chat tacheté qui peut atteindre 65 kilos aime à somnoler en journée dans les branches des arbres. C’est donc la tête en l’air que nous entamons nos recherches. Notre guide nous a prévenu. L’apercevoir est un privilège mais grâce aux tuyaux que lui ont refilés ses collègues, nous sommes sur la bonne piste. Nous distinguons soudain une demi-douzaine de 4X4 arrêtés face aux arbres. Des toits grands ouverts, dépassent jumelles et appareils photos. Ce n’est qu’une large silhouette, alanguie les pattes écartées, sur une épaisse branche d’un acacia. A travers l’objectif de mon appareil photo, je distingue sa robe jaune et ses taches noires. Mais il est bien loin. Impossible d’immortaliser la scène. Je suis partagé entre la joie d’avoir fait sa rencontre et la frustration de ne pouvoir l’observer de plus près. Mais c’est la règle. Dans le parc, les véhicules ne sont pas autorisés à sortir des axes balisés. N’oublions pas, en ces lieux, nous sommes des étrangers, tout juste tolérés. Le lendemain toutefois, notre curiosité est pleinement satisfaite. Sur le même secteur, un léopard, le même sans doute, nous prouve ses talents de funambule en sautant de branche en branche. Cette fois-ci, il est presque sous nos yeux et nous avons tout le loisir de le regarder évoluer dans l’arbre, à près de 10 mètres de hauteur. La chance est avec nous. Plus loin, nous croisons la route d’une mère et de son petit. L’information ne tarde pas à faire le tour des 4X4 circulant sur le secteur, via leur système radio. Les véhicules déjà nombreux se précipitent pour assister à la scène. Leur présence ne semble pas affecter la mère qui se couche nonchalamment à l’ombre des carrosseries. En revanche, son petit semble perturber par l’agitation qui règne autour de lui et progresse timidement, dissimulé dans les herbes hautes. Un tract d’information, affiché à l’entrée du parc me revient à l’esprit. « En 2004, une mère guépard a abandonné l’un de ses petits après qu’une quinzaine de véhicules l’ont approchée de trop près et trop longtemps » disait en substance le message. Cela peut-il se produire avec les léopards ? Je n’en ai pas la moindre idée mais plus que jamais j’ai le sentiment d’être de trop. Quel est l’impact du tourisme sur cet espace que Grzimek voulait tenu à l’écart du monde humain ? Environ 140000 personnes visitent le parc chaque année. Un chiffre limité par une politique de taxation élevée ainsi que par le gèle des constructions des lodges depuis 1996. Selon les spécialistes, compte tenu de l’étendue du parc, le nombre de visiteur n’aurait, pour l’heure, pas de conséquence sur l’environnement.
Un éléphant prisonnier de la piscine aux hippos
Nous prenons la route du nord et découvrons avec surprise un paysage de collines verdoyantes. Comme partout, des groupes d’impalas, de bubales ou de gazelles de Grant paissent tranquillement. Nous cédons la priorité à un éléphant qui marche lentement en mâchouillant une longue branche feuillue. Des babouins s’ébattent çà et là sur le bas-côté verdoyant. Après une vingtaine de kilomètres dans ce décor enchanteur, notre chauffeur s’arrête sur une aire en terre circulaire ou d’autres véhicules sont déjà stationnés. Notre guide à notre grande surprise nous invite à descendre et nous nous dirigeons vers un petit promontoire qui domine un plan d’eau encaissé. Je les ai d’abord pris pour des rochers. Ce sont en réalité des dizaines d’hippopotames qui prennent le frais au fond de la mare. De temps en temps, l’un d’eux poussent un bâillement à s’en décrocher la mâchoire laissant apparaître des canines de plusieurs dizaines de centimètres de long. Comme dans un jacuzzi où les baigneurs sont trop à l’étroit, on joue des épaules et des hanches pour faire sa place. Parfois, l’échange de coups dégénère en pugilat bruyant. Au milieu de cette foule criarde, un éléphant de l’eau jusqu’au yeux demeure immobile, le bout de la trompe hors de l’eau comme un périscope. Sa présence nous surprend et nous questionnons notre guide. Renseignements pris, il nous explique que le pauvre pachyderme est à cet endroit depuis 11 jours, les pattes enlisées dans la boue. Un autre guide ajoute qu’un autre éléphant a subi le même sort quelques jours auparavant. Incapable de sortir du bourbier, affaibli par la faim, il aurait été dévoré par les crocodiles. Est-ce la fin qui attend le malheureux pris dans la glaise à nos pieds ? Nous l’observons attendris. Il ne bouge pas d’une oreille. Comme s’il savait ce qui l’attendait. Adeline l’encourage à mi-voix. Mais il semble pétrifié comme une statue. Alors que nous nous apprêtons à remonter en voiture, nous lui lançons un dernier regard et constatons avec surprise qu’il a bougé. C’est sûr, il était plus loin du bord toute à l’heure. Et comme pour confirmer nos pensées, nous voyons sa tête énorme glisser sur l’onde calme en direction de la rive. Il a progressé d’un bon mètre quand soudain il s’arrête et s’en retourne là où il demeurait immobile quelques minutes avant. Que s’est-il passé dans son cerveau d’éléphant ? Aura-t-il échappé aux crocodiles ? Nous ne le saurons jamais. Une chose est sûre, la mort plane comme une ombre insaisissable au dessus du Serengeti. Il n’y a ni bien, ni mal à la donner ou à la recevoir. Elle fait partie du cycle de la vie. Il n’y a de drame ou de tragédie que pour l’homme. Les animaux sont les éléments d’un tout qui n’obéit qu’à une règle implacable : celle de la survie.
Sur le rebord du Jardin d’Eden
Difficile d’imaginer un lieu plus enchanteur pour passer la nuit. Nous dressons notre tente au cœur d’un large cercle en pente douce, engazonné d’une herbe verte et touffue agréable comme une moquette sous le pied. En contrebas, à quelques dizaines de mètres du bivouac, le sol se casse subitement et se précipite telle une cascade, dans l’un des plus beaux paysages qu’il nous ait été donné de voir. Nous sommes sur le rebord du cratère du N’Gorongoro. Le site classé au patrimoine mondial de l’Unesco, élevé au statut de Réserve internationale de la biosphère, a des allures de coffre à bijoux. A plus de 600 mètres sous nos pieds, le lac Magadi nous renvoie sous l’effet du soleil des reflets opaline, sur ses berges des milliers de flamants roses forment, en battant des ailes, une veine aux tons rubis, les herbages alentours scintillent comme les facettes d’une émeraude. Avec plus de 20 kilomètres de diamètre, cette gigantesque cuvette est la plus grande caldeira (effondrement d’un volcan sur lui-même suite à une éruption durant laquelle sa chambre magmatique s’est intégralement vidée) intacte et non submergée de la planète. Coupé du monde extérieur par ses parois abruptes qu’aucune vallée ne déverrouille, le cratère fait figure de paradis terrestre avec ses lacs, ses rivières, ses marais, ses plaines et ses forêts. Plus de 30000 gros mammifères en ont fait leur refuge. Certes, il n’y a pas de girafes, incapables de descendre jusqu’au fond, mais le N’Gorongoro s’enorgueillit d’être l’un des seuls lieux en Afrique où demeurent côte à côte les fameux « Big Five » (ce terme a longtemps été utilisé par les chasseurs au cours du XXe siècle pour désigner les cinq animaux les plus « prestigieux » à abattre : lion, rhinocéros, buffle, éléphant et léopard. Nous, on préfère les photographier…). Difficile alors de ne pas songer à la Genèse et au Jardin d’Eden.
Taxes astronomiques
Nous dînons dans un réfectoire plein à craquer. Comme le Serengeti voisin, le cratère du N’Gorongoro a connu les honneurs de la télévision dans le monde entier. Nous ne sommes pas les seuls à vouloir le découvrir grandeur nature. Pourtant, là aussi la politique de taxation de l’Etat tanzanien doit en décourager plus d’un. Pour pénétrer dans la Zone protégée du N’Gorongoro (vaste espace de conservation, attenant au Serengeti, dont le cratère ne représente que 3%), chaque visiteur doit se délester de 50$. Pour avoir ensuite le privilège de descendre au fond du cratère, chaque véhicule est assujetti à un paiement de 200$, valable pour une période de six heures. A cela s’ajoute les tarifs astronomiques de l’hébergement. Vingt dollars par personne pour l’accès au camping et au minimum 300$ par couple pour une chambre en lodge. Le budget en prend un coup mais le spectacle est au rendez-vous.
Nous allons nous coucher sous l’œil vigilant de gardes armés qui veillent à ce que les troupeaux de buffles habitués du secteur, ne viennent pas semer la pagaille au sein du campement. La descente au paradis est prévue pour demain.
Dans le fond du cratère
La pente est raide. Accoudés au toit ouvrant de notre Land Rover nous nous laissons glisser sur la piste en lacets qui fait office d’ascenseur avec le fond du cratère. A mesure que nous progressons, les minuscules points noirs qui jalonnaient la plaine deviennent tantôt des zèbres, des gnous ou des éléphants. La présence d’un grand nombre de visiteurs au campement nous avait fait craindre l’embouteillage. L’endroit en réalité est vaste et nous ne sommes guère perturbés par les autres véhicules. Nous ne semblons pas gêner davantage les buffles qui paissent par centaines sur la plaine verdoyante. Aucune piste ne mène au lac Magadi, ce plan d’eau qui se remplit au gré des pluies. A bonne distance, nous observons le jeu des couleurs qui tirent du turquoise au gris argent. Des milliers de flamants roses séjournent sur l’onde calme. Un éléphant solitaire ajoute sa large silhouette à la scène.
Nous traversons la forêt de Lerai et ses immenses acacias jaunes. La végétation est luxuriante et des lianes se mêlent aux troncs dans un entrelacs de verdure. Plus loin, s’étend un marais hérissé de joncs. Nous surprenons une colonie d’échassiers blancs qui prennent leur envol sur le ciel azur. Couchée au frais, une lionne paraisse, sans nous prêter un regard.
A quelques encablures, un attroupement de voitures signale la présence d’autres grands mammifères. C’est un couple de guépards, tapis dans les hautes herbes fauves. Dans leur ligne de mire, une gazelle de Grant, éloignée du troupeau. A pas feutrés, l’abdomen rasant le sol, les deux félins progressent par courtes étapes en direction de leur proie. La gazelle, occupée à brouter ne semble se rendre compte de rien. Et pourtant, les fauves ne sont qu’à une trentaine de mètres. Ce n’est qu’une question de secondes. Les guépards, capables d'accélérations fulgurantes, vont fondre sur elle. Un zèbre passe au galop à une centaine de mètres. Le bruit des sabots frappant le sol semble détourner la gazelle de son déjeuner. Elle lève la tête, hésite, puis à pas menus emboîte le pas de son sauveur en pyjama. Les guépards sont bons pour le régime.
Envie pressante
Le moment est mal choisi mais depuis plusieurs minutes, j’ai une envie pressante de soulager ma vessie. A mesure que le temps passe, celle-ci devient de plus en plus urgente. Rarement je n’ai ressenti un besoin aussi impérieux et c’est aujourd’hui que ça tombe alors que partout où porte mon regard, j’aperçois des buffles, des lions ou des éléphants. J’interroge notre chauffeur. Il existe des toilettes au fond du cratère mais elles se trouvent environ à 20 minutes de voiture. Damned, jamais je ne tiendrai. Je me mets en tête que l’envie va passer et lui demande de poursuivre le safari. Si le besoin s’estompe, ce n’est que pour revenir de plus belle quelques minutes après. Je ne tiens plus. Je suis sur le point d’ouvrir la portière et de descendre me soulager mais partout il y a ces satanés buffles (ils sont 10000 au fond du cratère) qui m’observent du coin de l’œil en ayant l’air de dire « Viens voir si tu oses…
Je vais me faire dessus si je ne trouve pas de solution dans les minutes qui viennent. J’en informe notre chauffeur qui met le moteur en route dans l’espoir de trouver un lieu où aucune menace ne pourra m’empêcher de pisser. Nous roulons deux ou trois kilomètres puis il s’arrête. Les buffles ne sont plus que des tâches noires à l’horizon. J’ouvre ma portière, saute du marchepied et, aux aguets, fait quelques pas en direction du bas-côté. L’herbe est rase. Pas de risque de voir un fauve surgir de derrière un bosquet. Il n’y a pas d’arbre, la « menace léopard » est écartée. Pas d’éléphant en vue, je me laisse aller sous le regard inquisiteur des zèbres et des gnous. Grand Dieu, qu’on se sent mieux…
Huitième merveille du monde
En chemin vers l’aire de pique-nique, nous apercevons, à l’horizon, deux rhinocéros noirs. Les jumelles nous permettent de mieux les observer mais ils restent très éloignés. Nous ne regrettons rien. Nous les avons approchés à quelques mètres dans la Réserve de Lewa, au Kenya.
Nous avalons le contenu navrant de notre « lunch box », face à un plan d’eau argenté, entouré d’herbes aquatiques. Au loin, les nuages s’amoncèlent et la pluie tombe sur le paysage comme un voile opaque. Les quelques rayons de soleil qui parviennent encore à filtrer éclairent d’une lumière dorée des carrés d’herbe verte. Nous sommes remontés à bord de notre 4X4. A l’horizon, la poussière s’élève en tornades qui après avoir arpenté la plaine vont mourir sur les parois du cratère. Déjà six heures que nous sillonnons la « huitième merveille du monde ». Nous sommes sur le point d’entamer la remontée. Presque au pied de la piste qui s’élève vers le ciel, une lionne est étendue sous la pluie telle la gardienne des lieux. Entre les gouttes qui tombent dru, elle nous adresse un regard presque amical. On jurerait un au revoir.
quel paysage magnifique ,je connaissais pas ces animaux (les gnous)
un peu d'humour ,sur le zebre les rayures c'est noir sur blanc ou du blanc sur du noir?
2.Posté par
Dominique le 21/01/2010 16:24
Merveilleux !
3.Posté par
karine mule le 21/01/2010 18:40
Je vous envie....
4.Posté par
Francine le 21/01/2010 23:20
Très belles images et grands souvenirspour moi.J'ai pu voir ces animaux au parc Kruger et Hluhluwe.J'aurais bien aimé dormir sous une tente!!!Vous êtes formidables....
http://chounette89.jimdo.com
5.Posté par
Papet - Mamy le 30/01/2010 22:16
Merci de nous faire partager votre émerveillement.
La prochaine fois il te faudra prévoir une bouteille de Vals vide, comme pissoir c'est le top !
6.Posté par
Baptiste le 14/02/2010 12:26
C'est beau, c'est émouvant ! Vous vous retrouvez au coeur de ce que j'ai toujours vu à la télévision, avec ces noms qui attise mon imaginaire, mes rêves de paysage impossible d'embrasser d'un seul regard...
Juste magnifique !
Merci !
Et portez-vous bien ! ^_^
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