Un tandem à Zanzibar

Un boutre suspendu sur l’onde turquoise, le dégradé des couleurs de cent sachets d’épices, une ruelle ombragée où, sur les murs et les visages, se mêlent l’Afrique, l’Europe, l’Inde et l’Arabie. Zanzibar est fidèle à la carte postale. Chargée d’Histoire, riche d’une nature omniprésente, carrefour des cultures, l’île a fait rêver les explorateurs et continue de nourrir les fantasmes des voyageurs. Nous avons parcouru à vélo, celle que ses intimes appellent Unguja.



Les neiges du Kilimandjaro

Un tandem à Zanzibar
Voilà près d’un an que je l’attends. Certes, nous avons renoncé à en faire l’ascension, (notre budget n’étant malheureusement pas extensible à loisir, nous avons privilégié la visite du Serengeti et du N’Gorongoro) mais secrètement, j’espère tout de même apercevoir sa couronne de glace à travers la brume. Depuis notre départ d’Arusha, pourtant, le Kilimandjaro nous boude. Autant, le Mont Meru, avec ses 4566 mètres, nous a révélé sa stature en pleine lumière, autant, le premier sommet d’Afrique est resté intégralement caché derrière les nuages, à tel point qu’on pourrait douter de son existence. Comment parvient-il à dissimuler ses 5895 mètres sous un manteau de coton ? Moi qui rêvais d’une photo à ses pieds, c’est raté. A moins qu’il nous honore d’une apparition surprise à Moshi, la ville d’où partent la plupart des randonneurs qui tentent d’atteindre Uhuru Peak, le crâne du géant.
Frustré peut-être de passer à côté du mythique volcan sans l’apercevoir, je suis en petite forme lorsque nous atteignons Moshi. Nous décidons d’y passer la nuit. A plusieurs reprises dans l’après-midi, nous sortons de l’auberge où nous sommes descendus et jetons un œil désespéré en direction du Kili. Rien que des nuages gris. Ce soir peut-être, nous a-t-on dit à la réception. Vers 17 heures, nous mettons à nouveau le nez dehors. Un vent d’altitude brasse la brume comme un berger rassemble ses moutons. Un disque bleu profond a fait son apparition à travers la masse blanchâtre et ne cesse de s’agrandir. Bientôt un blanc immaculé se détache des nuages en une forme arrondie : les neiges du Kilimandjaro ! Le sommet se dégage davantage et nous devinons des pans rocheux grisâtres. Nous n’en verrons pas plus. Déjà, le ciel a refermé son voile opaque et la montagne a disparu.
Nous célébrons la nouvelle année, à Segera, une bourgade à mi-chemin de Dar-es-Salaam. Les autobus y marquent une pause ainsi que les voyageurs en partance pour un safari. Un restaurant, tenu par un Indien, accueille cette clientèle à qui il propose un buffet à volonté. Voilà qui fera notre réveillon. Le soir, nous sommes seuls à table sous l’immense paillote. Adeline qui connaît des problèmes de transit (pour une fois, d’habitude c’est moi) se contente d’une pizza végétarienne. A 22 heures, nous dormons du sommeil du juste.

Embarquement chaotique

Un tandem à Zanzibar
Nous rejoignons Dar-es-Salaam après une semaine de vélo. Officiellement, la cité qui compte près de 3 millions d’habitants n’est plus la capitale de la Tanzanie depuis 1973. Mais dans les faits, elle reste le poumon économique et la vitrine du pays. Dodoma, à près de 500 kilomètres dans les terres, est en principe le siège du pouvoir central. Mais qui s’aventure jusqu’à cette ville isolée qui compte à peine 250 000 habitants ?
Nous ne nous attardons pas à Dar. Le lendemain de notre arrivée, nous réservons nos billets pour Zanzibar. Le tandem sera du voyage. Au terme d’âpres négociations, nous avons obtenu que notre monture et nos bagages effectuent la traversée gratis. Connaissant la fiabilité de ce genre de promesses, nous avons exigé qu’elle soit écrite noir sur blanc sur nos billets. On s’est alors contenté de nous présenter au directeur de l’agence qui nous a juré grand Dieu que « Oh non mes amis, soyez sûrs, il n’y aura pas de problème. Hakuna matata (pas de souci en swahili)». Après un an d’Afrique, nous avons appris à décrypter le sens caché de ce genre de phrase. En substance, elle signifie : « Attention, vous courez droit dans les emmerdes ».
Je m’attends donc au pire, quand le lendemain matin, nous nous présentons au port en poussant tout notre attirail. Comme la veille, il y règne une intense effervescence. Après avoir fendu la foule des rabatteurs, vendeurs et démarcheurs de tous poils, nous passons le portail qui mène à la zone d’embarquement. Nous sommes en avance. Avec un sens de la désorganisation qui frise l’exploit, on achève le chargement du ferry de 10 heures, alors que nous prenons celui de midi. Nous appuyons le tandem contre une barrière et l’attente commence. Les passagers du Sea Gull, c’est le nom de notre bateau, arrivent au compte goutte. Une file d’attente s’est formée à l’ombre du couloir d’embarquement. Nous patientons à côté, assis par terre, pour garder un œil sur le vélo. Soudain, surgit un petit homme barbu, un calot sur la tête qui s’agite en tous sens et hurle en swahili. Nous observons la foule se diviser en deux, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Nous ne bougeons pas d’un pouce. Nous voyant immobiles, un vieux en boubou tend sa canne dans ma direction et me lance : « Eh toi, ta femme doit aller de l’autre côté ! ». Sans doute lit-il dans mon regard tout le mépris que je lui adresse, aussi baisse t-il aussitôt son bâton. Je lui réponds que nous ne faisons pas la queue et que, par conséquent, cette directive ne nous concerne pas. Voyant les premiers porteurs faire leur apparition avec des bales surdimensionnées sur la tête, nous jugeons qu’il est l’heure d’entamer l’embarquement du vélo. Nous démontons la remorque puis descendons le premier ponton qui nous sépare du quai. Il nous faut maintenant nous frayer un chemin jusqu’à la passerelle métallique abrupte qui monte à bord. Il arrive des porteurs de partout avec des portières de bagnole, des caisses de fruits, des groupes électrogènes et j’en passe. Bien entendu, tous nous proposent leurs services au passage, moyennant une somme allant du risible au carrément hilarant. Alors que je m’engage sur la passerelle avec la remorque, un homme m’attrape par le poignet et me demande mon ticket. Je lui tends. Il me le redonne aussitôt sans le regarder. J’ai mal compris. Il souhaite vérifier le ticket de la remorque. Je lui explique que nous avons convenu la veille avec son directeur que notre vélo et nos bagages voyageraient gratuitement. Nous n’avons donc pas de ticket les concernant. « Vous ne pouvez donc pas embarquer, mettez vous sur le côté », me hurle t-il. Après un effort désespéré pour garder mon sang froid, je m’approche de lui et lui déverse une bordée d’insultes en français, façon capitaine Haddock (mais en plus vulgaire). Il ne comprend pas un traître mot mais j’évacue ainsi les mauvaises ondes qui commençaient dangereusement à s’accumuler dans mes phalanges. Tout en criant, j’utilise la remorque comme une bélier et me fraye un chemin jusque sur le pont du Sea Gull. Mon préposé à la vérification des billets est hors de lui et ses collègues sont obligés de venir le calmer.

Carton de coqs

Un tandem à Zanzibar
Nous trouvons une place pour laisser la remorque et entamons un deuxième voyage avec le tandem. Cette fois-ci, l’homme au pied de la passerelle nous ignore. Sans doute doit-il bouder et à vrai dire, cela nous arrange bien. Nous appuyons le vélo contre le bastingage et attendons que le chargement soit terminé, histoire que personne n’ait l’idée de stocker dessus un moteur de camion. Adeline tente tant bien que mal d’éloigner un carton rempli de coqs, dont les becs ont déjà fait des trous sur les parois et s’approchent dangereusement de nos pneus. Trois heures plus tard, nous sommes en vue de Zanzibar Town, la principale ville de l’île avec 350 000 habitants.
Rebelote mais dans le sens inverse. Il nous faut d’abord attendre qu’on dégage les télés, caisses, cartons, et boîtes en tous genres qui empêchent l’accès au vélo. Et cela traîne en longueur. Et pour cause, les porteurs qui ne sont rémunérés que par les pourboires de leurs clients déchargent en priorité les paquets pour lesquels on leur offre leur plus d’argent même si ceux-ci se trouvent enfouis sous une masse d’autres marchandises. Si on ajoute à cela, les allers et venus des passagers qui tentent au plus vite de s’échapper du bateau comme si leur vie en dépendait, je vous laisse imaginer le cirque qui règne à bord. Nous parvenons enfin au service d’immigration où on nous appose un tampon sur nos passeports. Aucun des fonctionnaires de faction n’a jamais vu de tandem. Sommes-nous les premiers à Zanzibar ?

Trois lettres pour un pays

Un tandem à Zanzibar
Zanzibar en réalité est un archipel. Celui-ci est composé de deux îles principales, Unguja (communément appelé Zanzibar) et Pemba au nord, beaucoup moins fréquentée par les touristes. A cela s’ajoute une cinquantaine d’îlots secondaires.
Bien que l’archipel dispose de son propre gouvernement, Zanzibar est partie intégrante de la République unie de Tanzanie. Remontons en 1963, en décembre précisément. Zanzibar qui est un protectorat britannique depuis 1895 accède à l’indépendance. Le jeune sultan à qui sont laissés les rênes du pays est installé sur un trône vacillant. Trente jours plus tard, une révolution éclate, fomentée par un chef politique rebelle venue de Pemba et d’origine ougandaise. Il en appelle le peuple noir descendant des esclaves à prendre les armes contre l’oppresseur. En une nuit, 17000 Arabes et Indiens sont massacrés. Les Européens, eux ont déjà fuit. Au mois d’avril 1964, sans consultation populaire, Zanzibar est rattaché au Tanganyika, voisin. Les deux pays cèdent les trois premières lettres de leur nom pour former la Tan-Zan-ie. Aujourd’hui, certains mouvements politiques militent pour l’indépendance de Zanzibar. Mais peu d’habitants se font d’illusion. Malgré l’essor du tourisme, ils se savent dépendants de l’Etat central. Comme pour le prouver, une coupure d’électricité plonge l’île dans le noir depuis trois semaines lorsque nous débarquons. Le câble sous-marin qui la relie au continent a été endommagé. Partout dans Stone Town, le cœur historique de Zanzibar Town, ronronne les moteurs des groupes électrogènes.

La maison des merveilles

Un tandem à Zanzibar
Une balade dans la vieille ville est une expérience. Dans le dédale des rues étroites, se marient architecture indienne et arabe, avec leurs portes et leurs balcons caractéristiques. Zanzibar a des racines africaines mais elle est tournée vers l’Océan Indien. Les visages métissés qui apparaissent dans l’ombre d’une échoppe ou à la sortie d’une mosquée sont là pour le rappeler. L’Islam est majoritaire à Zanzibar mais les Européens ont laissé plusieurs églises lors de leur passage. Stone Town fourmille, exhale les saveurs du monde, se nourrit de sa multiplicité. Malheureusement, beaucoup de bâtiments sont en ruine. Ceux qui ont fait peau neuve abritent en général des hôtels. Sur le front de mer les jardins de Forodhani ont subit un lifting récent grâce au mécénat de l’Aga Khan, chef des Ismaéliens, un courant minoritaire au sein de l’Islam. L’homme est l’un des plus riches du monde et cela se voit. L’endroit est devenu un lieu de promenade agréable. Des jeux ont même été installés pour les enfants. Le soir, alors que les adolescents entament leur concours de plongeon, des stands sont dressés au centre de la place où l’on vend des brochettes de fruits de mer, des chapatis et du jus de canne. Derrière s’élève la Maison des Merveilles, baptisée ainsi pour avoir été le premier bâtiment à recevoir l’électricité et à être équipé d’un ascenseur. L’intérieur de cette grande bâtisse blanche abrite notamment une exposition sur la princesse Salme. Une femme au destin hors du commun. Fille du sultan, elle épousera un commerçant allemand et ira vivre en Europe. Elle écrira plusieurs livres retraçant son histoire. De précieux témoignages, les premiers émanant d’une femme née à Zanzibar.

Un Zanzibarite nommé Freddie Mercury

Un tandem à Zanzibar
Nous mangeons au Mercury’s. L’établissement qui semble avoir été posé sur la plage face au port, est tapissé de posters du mythique groupe « Queen ». Son leader Freddie Mercury, décédé en 1991 du Sida, est né à Zanzibar. La première page du menu narre le destin de la star, parti faire ses études en Inde, avant d’entamer sa carrière musicale en Grande-Bretagne. Qui l’eut cru ?

L’ombre de l’esclavage

Un tandem à Zanzibar
Comme à Gorée, à l’Ouest, plane sur Zanzibar le triste souvenir de l’esclavage. La traite des Noirs dans cette partie de l’Afrique est initiée par les Arabes à la fin du XVIIe siècle. Le Coran interdisant à un Musulman de réduire un autre Musulman en esclavage, ceux-ci pénètrent dans les terres jusqu’au lac Tanganyika où ils pouvaient effectuer leurs « achats » souvent auprès d’autres tribus locales. De grandes caravanes se formaient alors pour rejoindre l’Océan. Une marche de 1500 kilomètres durant laquelle beaucoup d’esclaves mourraient. Au cours du XIXe siècle près de 8000 esclaves sont acheminés chaque année vers Zanzibar. En 1846, sur les 450 000 habitants que compte l’île 360 000 sont des esclaves. A Zanzibar Town, une place est réservé pour le commerce des être humains. On enferme certains d’entre eux dans des pièces exigus et humides afin de tester leur résistance. D’autres sont attachés à un poteau et fouettés. Leurs cris sont interprétés comme une marque de faiblesse et leur valeur diminue.
Dans les années 1860, l’explorateur David Livingstone, à la recherche des sources du Nil, demande aux missionnaires anglicans de venir mettre un terme à ses pratiques et de christianiser le pays. L’esclavage est aboli en 1873 et le marché détruit. Une église est élevée en lieu et place de celui-ci. Dans les faits, la traite perdurera plus ou moins clandestinement jusqu’à la fin du XIXe siècle.

En route pour le Spice Tour

Un tandem à Zanzibar
C’est une des activités phares sur Zanzibar. On anglais, on l’appelle le Spice Tour. Non, rassurez-vous, il ne s’agit pas d’un manège à sensation mais d’un loisir bien moins vertigineux, quoi que… En fait, le jeu consiste à partir, accompagné d’un guide à la découverte d’une des nombreuses fermes aux épices, installées au nord de Zanzibar Town. Allez, pourquoi pas nous ? Après avoir déniché un guide qui cause français correctement (nous avons peur d’être largués en anglais avec le nom des épices. A propos, comment dit-on clou de girofle, cardamome, coriandre ou curcuma dans la langue de Shakespeare ? ), nous rejoignons une des exploitations en question. A pied, nous nous aventurons au milieu des cultures sur les talons de notre guide. Celui-ci cueille, coupe, ramasse, nous touchons, sentons, goûtons. Une vraie balade des sens. Un jeune garçon des environs nous a fabriqué un panier grâce à des palmes de cocotier où nous glissons chacune de nos découvertes. Il y a la noix de muscade qui ressemble à un fruit de la passion, la cannelle qui est une écorce réduite en poudre, le poivre qui comme la vanille, est une orchidée,et surtout le clou de girofle. Zanzibar est le deuxième producteur mondial après Bali. L’épice dispose même d’un statut particulier. Toute la production est achetée par l’Etat et destinée à l’exportation. Il fixe le prix de manière unilatéral et il est strictement interdit de couper un giroflier sans son accord. Pour l’anecdote, sur l’arbre, les clous sont rouges. Ils deviennent noirs en séchant.
Nous croisons également sur notre chemin beaucoup d’arbres fruitiers. Nous sommes une fois de plus surpris par les jacquiers dont les fruits gigantesques poussent à même le tronc ou les branches. Avec un poids allant jusqu’à 15 kg, ceux-ci sont (selon notre guide), les plus gros fruits du monde.
Au terme de la promenade nous sommes conviés pour une dégustation de tous les fruits de l’exploitation. Bananes, fruits de la passion, pastèques, ananas, caramboles, nous savourons le goût sucré de chacun avant d’avaler successivement un thé au citron puis au gingembre. Corsé !

Cap sur le lagon

Un tandem à Zanzibar
Nous remontons en selle direction les plages du Sud. Notre destination s’appelle Jambiani, un petit village de pêcheurs dont on nous a vanté la quiétude et l’authenticité. Nous sommes heureux à la perspective de pouvoir nous baigner dans les eaux turquoise du lagon mais l’absence de soleil ne tarde pas à modérer notre enthousiasme. Nous « Au moins, nous n’aurons pas chaud pour effectuer les 60 kilomètres qui nous séparent des lieux », pensons-nous. Sorti de Zanzibar Town, l’île présente une succession de paysages luxuriants, allant de la forêt tropicale à des étendues de végétation basses et marines. Il n’y a pas d’autres ville, seulement quelques villages et grosses bourgades. Comme partout ailleurs, les gens que nous croisons sont surpris d’apercevoir un tandem et les cris et les rires sont presque incessants à chaque traversée de village. Toutes les routes principales sont bitumées et nous parvenons rapidement à destination.

Le ballet des boutres

Un tandem à Zanzibar
Sur Zanzibar, l’hébergement est plus onéreux qu’ailleurs. Nous parvenons tout de même à trouver une chambre chez un particulier pour 15$. Nous sommes à deux pas du lagon et surprise, dans la même maison séjourne un couple de Québécois avec qui nous faisons rapidement connaissance. Lucette et Jean ont déjà effectué de nombreux voyages et nous partageons avec plaisir nos expériences respectives, les pieds dans le sable fin. Dans l’après-midi, nous enfilons nos maillots de bain, franchissons la haie de cocotiers et fonçons vers la mer. L’eau reflète des nuances vertes et turquoise. Comme suspendus sur l’onde claire, des boutres, voiles repliées, se balancent calmement. Nous pénétrons dans l’eau. Au loin des femmes en habits colorés ramassent des algues dans un jardin aquatique. Nous progressons, immergés jusqu’aux chevilles, pendant une dizaine de mètres. Notre regard se porte alors vers la barrière de corail où les vagues viennent mourir en une gerbe d’écume. Un pécheur se tient debout à quelques mètres seulement de l’extrémité du lagon. Il a de l’eau jusqu’aux genoux. C’est raté pour la baignade. Il nous faudra attendre le retour de la marée haute.
Lucette et Jean nous invitent à partager un repas au restaurant. Nous savourons en leur compagnie un poisson pêché du jour, agrémenté de sauce coco. Un délice. Le matin de notre départ, nos amis québécois sont là pour nous dire au revoir. Lucette nous remet généreusement deux épingles du drapeau canadien en guise de porte bonheur. Jean qui est caméraman, filme nos premiers tours de roues. Nous les quittons à regret sous le même ciel grisâtre que le jour de notre arrivée.

« Chez Rocco Sifredi »

Un tandem à Zanzibar
Nous traversons l’île en diagonale Une centaine de kilomètres pour rejoindre la plage de Kendwa, au nord-est, réputée pour être la plus belle de Zanzibar. Durant les 25 derniers kilomètres, nous sommes surpris d’être continuellement interpellés en italien. Nous comprenons vite pourquoi en arrivant à Kendwa. Sur la plage, sont installés plusieurs complexes hôteliers de luxe accueillant une clientèle presque exclusivement italienne. Nous sourions en constatant qu’un commerçant d’art massaï a rebaptisé sa boutique « Chez Rocco Sifredi ». Un effort d’adaptation louable qui, sans doute, lui assurera sous peu une fortune surdimensionnée.
Comme annoncé, le site est insolent de beauté. Le sable, blanc et fin, glisse sous les pieds. L’eau, sous l’effet des rayons du soleil, révèle une palette presque infinie de tons bleutés. Au nord, la plage laisse place à une paroi rocheuse rose orangée, surmontée d’arbres touffus. Elle a été érodée à sa base par le ressac si bien qu’on peut s’y étendre, protégé du soleil par un toit naturel.
Le 11 janvier, nous célébrons notre première année de voyage en savourant un cocktail sous la paillote de notre hôtel puis en dînant aux chandelles sur la plage. Dans la journée, nous avons eu le plaisir de retrouver Lucette et Jean. Nous passons les trois jours suivant en leur compagnie. Pour la première fois depuis longtemps, nous ne faisons rien. Nous goûtons simplement au plaisir simple de discuter, de lire et de se reposer.

Un tandem à Zanzibar

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1.Posté par Dominique le 21/01/2010 16:45
Toujours aussi agréable de vous lire et regarder vos photos.
Et merci pour ces morceaux de l'histoire et de la géographie locale !

2.Posté par Daniel le 21/01/2010 22:07
Très bonne année et surtout très bonne santé de la part des VTTistes de St Arnoult !
Notre dernière sortie dans la neige - c'était le 10 janvier 2010 - nous a rappelé le 13 janvier 2009 et le bout de chemin que nous avons fait ensemble à partir de Clairefontaine. Il faisait -13° et la neige était également bien présente. De bons souvenirs.

Félicitations pour la qualité des reportages. C'est un bonheur de vous lire et les photos sont toujours superbes.

Bonne continuation

3.Posté par Eve le 22/01/2010 20:22
Clou de girofle = Clove
Cardamome = Cardamom
Coriandre = Coriander
Curcuma = Tumeric

Voilà les enfants :) petites connaissances supplémentaire :p
C'est vraiment maginifques vos photos...ça donne vraiment le goût d'y aller.

Gros bisoux à vous deux
xxx

4.Posté par Nanou le 24/01/2010 01:24 (depuis mobile)
Incroyable morceau d'histoire. Super récit comme à chaque fois, vous lire est un super plaisir :)

5.Posté par pierre et monique le 25/01/2010 19:16
Quelle bonne surprise de recevoir ce jour votre carte et vos bons voeux de Tanzanie !
Nous suivons votre périple avec toujours autant d'intérêt et admirons vos superbes photos.
Merci pour l'évasion que vous nous offrez et nos meilleurs souhaits pour la suite.
Très affectueusement à vous deux

6.Posté par Baptiste le 14/02/2010 12:38
Ah, du sable fin, alors qu'ici, c'est du blanc qui tombe du ciel et c'est moins glamour...
Profitez-bien les loulous ! A bientôt !
http://haijin-blog.over-blog.com/

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