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  <title>Tand'Afrika</title>
 <description><![CDATA[Paris-Le Cap au guidon d'un tandem ]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2010-03-11T20:57:51+01:00</dc:date>
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   <title>Un article dans les Nouvelles</title>
   <pubDate>Tue, 09 Mar 2010 14:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Olivier Godin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[La presse en parle]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1931836-2654311.jpg" alt="Un article dans les Nouvelles" title="Un article dans les Nouvelles" />
     </div>
     <div>
      Un article est paru dans l'hebdomadaire les Nouvelles au sujet de notre périple. A télécharger ci-dessous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
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   <link>http://www.tandafrika.com/Un-article-dans-les-Nouvelles_a155.html</link>
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   <title>Tand'Afrika dans l'écho</title>
   <pubDate>Tue, 09 Mar 2010 14:38:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Olivier Godin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[La presse en parle]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1931831-2654298.jpg" alt="Tand'Afrika dans l'écho" title="Tand'Afrika dans l'écho" />
     </div>
     <div>
      L'écho républicain consacre un nouvel article à notre voyage. A télécharger ci-dessous. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
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   <link>http://www.tandafrika.com/Tand-Afrika-dans-l-echo_a154.html</link>
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   <title>Ecole de la communauté Tikondane, en Zambie</title>
   <pubDate>Tue, 09 Mar 2010 14:30:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Olivier Godin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[La case des écoliers]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Les enfants de l’école de la communauté Tikondane, à Katete, en Zambie, vous présentent leur ville et leur établissement     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1931799-2654253.jpg" alt="Ecole de la communauté Tikondane, en Zambie" title="Ecole de la communauté Tikondane, en Zambie" />
     </div>
     <div>
      Nous habitons en Zambie, un grand pays du sud de l’Afrique qui compte environ 12 millions d’habitants. Il n’y a pas la mer dans notre pays mais au sud, il est bordé par un très grand fleuve appelé le Zambèze. Près de la ville de Livingstone, celui-ci forme les très célèbres chutes Victoria. Elles mesurent 1700 mètres de large et jusqu’à 108 mètres de haut. Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Peut-être en as-tu déjà entendu parler ?        <br />
       Beaucoup de touristes viennent visiter les chutes Victoria. Ils aiment également notre pays pour ses parcs nationaux. On peut y voir beaucoup d’animaux comme des éléphants ou des hippopotames.        <br />
       La Zambie est également réputée pour ses mines. On trouve de l’or, du cuivre et des pierres précieuses comme des émeraudes.          <br />
              <br />
       Nous habitons la ville de Katete qui se trouve à l’est du pays pas très loin de la frontière avec le Malawi. Environ 220 000 personnes vivent sur notre district. La très large majorité d’entre eux vivent de l’agriculture. Les gens cultivent principalement du maïs. Très peu de personne ont un emploi rémunéré. Le chômage s’élève à 80%. Heureusement grâce à Elke, une infirmière allemande, la communauté Tikondane a vu le jour à côté de chez nous. C’est en quelque sorte un petit village, avec son barbier, son boulanger, son hôtel, son réparateur de vélo, son jardin potager, ses chèvres et ses lapins, sauf que les profits générés servent à améliorer les conditions de vie de la communauté. Nous en profitons directement car grâce à cela, l’école est totalement gratuite pour nous. Mieux, nous avons des crayons, des sacs, des livres et des cahiers. Quand l’école est finie pour nous, nos parents peuvent en profiter. Si la plupart des enfants de notre âge vont en classe, beaucoup de nos parents n’y ont jamais été.        <br />
       L’école de la communauté accueille 565 élèves et emploie 13 enseignants.        <br />
       Ici, l’école commence à 7 ans en degré 1. En degré 7, nous devons passer un examen pour poursuivre nos études. A partir du degré 10, nous entrons à l’école secondaire jusqu’en degré 12. Ensuite, c’est l’université.        <br />
       Notre école ne va que jusqu’au degré 7. Nous devons ensuite changer d’établissement.       <br />
       L’école commence pour tout le monde à 7h30. Du degré 1 à 4, elle s’arrête à 10h30. A partir du degré 5, nous poursuivons jusqu’à 13h30. Le matin lorsque nous arrivons, c’est à nous de nettoyer la classe. Nous sommes environ 50 dans chaque classe et toutes ne sont pas construites en dur. Certains élèves ont cours en extérieur sous des abris de bois et de paille.        <br />
       Les premières années, les cours sont dispensés en chichewa, notre langue maternelle et nous étudions l’anglais comme une matière. Ensuite, cela s’inverse et l’anglais devient notre langue d’étude principale. Le matin lorsque les réserves sont suffisantes, nous avons le droit à un bol de porridge. Lorsque ce n’est pas le cas, certains d’entre nous amènent un épi de maïs ou une goyave pour manger à la pause. C’est pour certains la seule nourriture que nous avalons de la matinée.        <br />
       Ici, l’année scolaire commence en janvier et nous avons un mois de vacances en avril, en août et en décembre.        <br />
       Et chez vous comment fonctionne votre école ? Avez-vous classe à l’extérieur parfois ? Vous sert-on du porridge le matin ?        <br />
       Nous attendons vos réponses.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les ambassadeurs</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1931799-2654254.jpg" alt="Ecole de la communauté Tikondane, en Zambie" title="Ecole de la communauté Tikondane, en Zambie" />
     </div>
     <div>
      Je m’appelle Mirriam PHIRI, je suis en degré 6 et j’ai 18 ans. Je n’habite pas très loin de l’école et je peux m’y rendre à pied en quelques minutes. L’après-midi, en rentrant à la maison, j’aide ma maman à faire la cuisine.       <br />
       Je m’appelle Dalisoul SAKALA, j’ai 14 ans et je suis dans la même classe que ma camarade. J’habite juste à coté de l’école. A la maison, j’aide mes parents et j’aime lire des livres.        <br />
              <br />
       <b>Quel sport ou activité pratiques-tu ?</b>       <br />
       Mirriam : le volleyball       <br />
       Dalisoul : le football.        <br />
              <br />
       <b>Quel plat aimes-tu manger ? </b>       <br />
       Mirriam : la n’shima, c’est une pâte faite avec de la farine de maïs que nous mangeons à la main. Il y en a très souvent à la maison       <br />
       Dalisoul:  n’shima.       <br />
              <br />
       <b>Quel est ton jeu préféré ?</b>        <br />
       Mirriam : nous chantons et dansons avec les copines       <br />
       Dalisoul : le football !       <br />
       <b>       <br />
       Quel est ton animal favori ?</b>       <br />
       Mirriam : j’aime beaucoup les chiens. J’en ai un à la maison pour monter la garde.       <br />
       Dalisoul : le guépard. J’aimerais bien en voir un, un jour.       <br />
       <b>       <br />
       Quelle est ta matière préférée ?</b>       <br />
       Mirriam : les mathématiques       <br />
       Dalisoul : l’anglais       <br />
              <br />
       <b>Quel métier voudrais-tu faire plus tard ?</b>       <br />
       Mirriam : institutrice       <br />
       Dalisoul : docteur ou contrôleur aérien.        <br />
              <br />
       Nous aimerions savoir à quoi ressemblent vos maisons et vos magasins et à quels jeux vous jouez durant la récréation. Merci par avance pour réponses.       <br />
              <br />
              <br />
       Si vous souhaitez en savoir plus sur l’école de la communauté de Tikondane et pourquoi pas entrer en contact, rendez-vous sur www.tikondane.org       <br />
              <br />
       Vous pouvez également contacter Adeline et Olivier.       <br />
       Nous attendons vos lettres et vos dessins. A bientôt.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1931799-2654264.jpg" alt="Ecole de la communauté Tikondane, en Zambie" title="Ecole de la communauté Tikondane, en Zambie" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
</description>
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   <title>Malawi : entre lacs et galères</title>
   <pubDate>Thu, 25 Feb 2010 15:19:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Olivier Godin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Malawi]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Le lac s’offre à nous sous ses plus beaux atours. Nous longeons ses rives par petites étapes, profitons de ses eaux claires et chaudes et apprécions une série de rencontres inattendues. Mais la quiétude ne dure pas. Des pluies incessantes viennent nous mener la vie dure puis la mécanique s’en mêle ainsi que les enfants… Voici la suite de nos aventures sur les routes du Malawi. 
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1907064-2615129.jpg" alt="Malawi : entre lacs et galères" title="Malawi : entre lacs et galères" />
     </div>
     <div>
      Pour rejoindre Mzuzu, nous abandonnons momentanément les rives du lac et nous enfonçons dans la montagne. La route grimpe en lacets pendant 10 kilomètres. Notre petit plateau ainsi que celui du milieu sont hors d’usage. Nous n’avons d’autre choix que de monter sur le plus grand. Dans les tronçons les plus escarpés nous ne parvenons pas à emmener le braquet et nous résignons à marcher. Des singes traversent régulièrement la chaussée ou aboient depuis les parois rocheuses en sruplomb. On jurerait qu’ils se moquent de nous.        <br />
       Nous laissons bientôt les lacets derrière nous et traversons un vaste plateau cultivé. Nous croisons des groupes d’enfants en file indienne. Ils partent à l’école, une machette à la main, une pioche ou une serpe sur l’épaule. Dans leur uniforme bleu, on croirait une armée de schtroumpfs sur le sentier de la guerre.        <br />
       A l’entrée de Mzuzu, nous sommes dépassés par d’étonnants cyclistes, un casque sur la tête, d’énormes rétroviseurs sur leur monture et un porte bagage matelassé. Ce sont des taxis-vélo. Pour quelques kwachas, ils emmènent leur passager d’un quartier à l’autre de la ville. Bien sûr, dans les côtes les plus abruptes, il faudra marcher. Voilà, une idée pour renflouer notre budget !       <br />
       Nous plantons notre tente dans le jardin du Mzoozoozoo, un campement tenu par Gérard, un Suisse, au Malawi depuis 10 ans. Réputé au sein de la communauté des voyageurs, le site est le rendez-vous des backpackers, des baroudeurs en Land Rover, des motards mais également des Peace Corps et des expats du coin. L’ambiance est on ne peut plus décontractée. Comme        <br />
       la plupart des d’établissements de ce type, le Mzoozoozoo dispose d’une bibliothèque bien garnie. L’occasion de consulter des guides de voyage ou d’échanger des bouquins. Nous bondissons en découvrant une étagère remplit de livres, de magazines et de BD en français. Pendant toute une après-midi, nous goûtons au plaisir de lire dans notre langue.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1907064-2615142.jpg" alt="Malawi : entre lacs et galères" title="Malawi : entre lacs et galères" />
     </div>
     <div>
      Ce sont les rencontres qui nourrissent le voyage. Elles sont souvent éphémères. Une poignée de minutes, quelques heures tout au plus, à s’ouvrir et à recevoir, avant que chacun ne poursuive son chemin. Parfois pourtant, alors que rien ne le laissait supposer, on recroise un vieil ami d’un instant. C’est ce que j’appelle le hasard de la route. Il est parfois extrêmement surprenant.        <br />
       La première fois que nous avons rencontré Wouter, nous ne nous sommes pas remarqués. Nous avons surtout été intrigués par sa voiture. Une Opel Corsa rouge, immatriculée en Belgique, dans la cour d’une auberge de Segou, au Mali, ça n’a rien de commun. Alors quand quelques semaines plus tard nous la recroisons dans la cour d’une autre auberge mais cette fois-ci, à Lomé, au Togo, on s’interroge. Autour d’une bière, Wouter nous explique. Il est parti en mai de Bruxelles et a suivi dans les grandes lignes la même route que nous. Il était bien à Segou lorsque nous y étions et ce satané hasard de la route l’a remis sur le même chemin que nous. Nous allons ensemble assister au match Togo-Maroc puis après avoir partagé un repas, nous nous séparons. Quinze jours plus tard, alors que nous sommes de retour à Lomé, après une escapade dans le nord du pays, le hasard frappe encore. Assis sur le banc d’un petit restaurant de rue, j’aperçois Wouter qui, lui, revient du Bénin. Rebelote, bière, restaurant, et re-restaurant. Après quelques jours en sa compagnie, nous filons au Ghana. Avant de partir, Wouter joue les coiffeurs et m’offre un rafraîchissement capillaire dont j’avais bien besoin. Il reste pour attendre sa copine avec qui il a prévu de visiter le Togo et le Bénin. Ensuite, il vendra sa voiture et partira pour la Namibie ou la Zambie. Nous nous promettons de fêter dignement nos retrouvailles si le hasard nous mettait une quatrième fois sur la même route. Pour dire la vérité, cette fois-ci, nous avons un peu forcé le destin en échangeant un mail et un sms. Mais lors de notre deuxième jour au Mzoozoozoo, nous avons eu le plaisir de découvrir Wouter en train de nous attendre, confortablement assis sur un fauteuil, sous la véranda. Comme promis, nous avons célébré l’événement comme il se doit. Quelques Green (bières), un vin rouge d’Afrique du Sud et une assiette bien pleine. A la prochaine, à Bruxelles ou à Paris.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1907064-2615162.jpg" alt="Malawi : entre lacs et galères" title="Malawi : entre lacs et galères" />
     </div>
     <div>
      C’est notre coup de cœur au Malawi. Imaginez, une petite crique cachée par la verdure au pied de la montagne. Au raz de l’eau, des rochers affleurent et forment une jetée naturelle. En surplomb, un long escalier conduit à une bâtisse basse, bordée d’une large terrasse où oscillent des hamacs caressés par la brise. Un point de vue imprenable pour observer le ballet des pêcheurs qui fendent l’onde debout sur leur mince pirogue. Ce petit paradis s’appelle le Big Blue et se trouve à l’entrée de Nkhata Bay. Nous plantons la tente à deux mètres de l’eau. A la nuit tombée, nous parvient le chant syncopé des pêcheurs partant tendre leurs filets. Bientôt, au large, des centaines de lampes scintillent sur l’eau, comme le reflet des étoiles.        <br />
       Nous sommes tirés du sommeil par la sirène du Ilala ferry, le bateau qui assure la liaison entre les îles et les grandes villes du bord du lac. Il est 4h. Nous attendons que le soleil se lève et goûtons au plaisir d’un bain matinal. Les pêcheurs de retour de leur labeur se savonnent dans l’eau peu profonde. Les prises de la nuit sont déjà sur le marché.        <br />
       Vers sept heures, nous assistons à l’arrivée de huit Estoniens en kayak. Ils sont partis de Karonga, il y a huit jours et se sont donnés trois semaines pour descendre le lac. Le groupe n’en est pas à son coup d’essai. A son actif notamment, les côtes du Mexique et les îles grecques. Chaque soir, les kayakistes campent sur la plage en prenant garde de rester à bonne distance des hippos. Quant à leurs embarcations, elles se plient et peuvent être transportées par avion.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Bilharziose et crocodiles</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1907064-2615179.jpg" alt="Malawi : entre lacs et galères" title="Malawi : entre lacs et galères" />
     </div>
     <div>
      A vélo, Kande beach se mérite. Près de trois kilomètres à pousser notre monture dans le sable et les flaques d’eau. Mais nos efforts sont récompensés. Une nouvelle fois, le campement tient toutes ses promesses. C’est sans doute le plus vaste que nous ayons fréquenté. Le jour de notre arrivée, trois camions et plusieurs Land Rover sont déjà stationnés. Nous montons notre tente sous un large espace protégé du soleil par des canisses. A côté des dômes kaki, des voyageurs en camion, notre toile verte et rouge dépareille. La plage est à deux pas. A quelques centaines de mètres de la rive, une île rocheuse semble suspendue sur l’eau claire. A la réception, un avis déconseille de se baigner la nuit, à cause des crocodiles. La bilharziose est également présente dans certaines zones du lac. Nous allons pourtant nager l’esprit décontracté. Nous observons des bancs de petits poissons slalomer entre nos jambes en un feu d’artifice de couleurs. Le lac Malawi est réputé pour la richesse de sa faune aquatique. Elle comporte plus d’espèces que celle de n’importe quel autre lac dans le monde. Voilà pourquoi le pays se classe parmi les premiers exportateurs de poissons d’aquarium de la planète.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une famille autour du monde</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1907064-2615191.jpg" alt="Malawi : entre lacs et galères" title="Malawi : entre lacs et galères" />
     </div>
     <div>
      Avant d’emprunter le chemin de la plage, nous avons repéré un camping-car immatriculé en Haute-Savoie. Nous n’avons pas croisé de Français depuis plusieurs mois. Poussés par la curiosité et par la perspective de pouvoir discuter avec des compatriotes, nous nous approchons du véhicule. Il y a plus de trois ans et demi, Patricia et Eric ont vendu leur maison à Annecy. Avec leurs deux filles, alors âgées de 7 et 13 ans, ils ont fait le choix de partir à la découverte du monde. Un voyage qui les a d’abord conduits sur les routes des trois Amériques durant deux ans. Après une escale de cinq mois en France, la famille a mis cap sur l’Afrique. Leur objectif est le même que le nôtre : rallier Cape Town. Nous partageons nos expériences, parlons de nos routes respectives. Nous leur racontons l’Afrique de l’Ouest, ils nous font rêver en nous narrant leur périple américain. Mais il y a encore d’autres Français présents sur le campement. Rose-Marie et Alain se joignent à nous. Le couple sillonne l’Afrique depuis trente ans. Leur passion, l’image et la faune. Avec sa caméra, Alain capture depuis des années des scènes de la vie sauvage. En 2012, il compte sortir un DVD. Nous écoutons religieusement ces deux voyageurs expérimentés. Ils connaissent l’Afrique australe comme leur poche et ne sont pas avares de tuyaux. Ils font naître chez nous de nouvelles idées en parlant du Zimbabwe. Dans une poignée de semaine, qui sait ?        <br />
       Plus d’infos sur le périple de la famille Lesergent sur www.afriquefamilytour.com        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>« You, give me my money »</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1907064-2615201.jpg" alt="Malawi : entre lacs et galères" title="Malawi : entre lacs et galères" />
     </div>
     <div>
      Il pleut des bassines. Des gouttes coulent en cascade sur les verres de mes lunettes. Il me semble observer la réalité qui m’entoure à travers un aquarium. Nous franchissons une série de ponts branlants sous lesquelles fusent des rivières boueuses en furie. Le vent qui vient s’engouffrer dans mon t-shirt mouillé me frigorifie. J’ai les doigts gercés et le moral dans les chaussettes. Les caprices de la météo ne sont pas les seuls responsables. Depuis la veille, le comportement des enfants à changer. Les sourires se sont effacés de leur visage et les « Good morning sir » ont laissé la place aux « You, give me money ». Comme en Ethiopie, la traversée des villages s’est transformée en calvaire. Avant même l’apparition des premières maisons, nous entendons les cris monter depuis les cours et les ruelles. Les gamins se mettent à courir alors que nous sommes encore loin. Ils sont cinq, dix, vingt, trente et répètent tous la même phrase, inlassablement « Give me money, give me money, give me money ». Devant les écoles, où ils ne semblent jamais entrer, c’est la ruée. Des cohortes de mendiants en culottes courtes, stimulés par l’effet de groupe, se mettent à notre poursuite comme des Apaches derrière un chariot. Parfois l’agressivité monte d’un cran et les cris se transforment en hurlements. Heureusement, ici, pas de jets de pierre. Mais comme en Ethiopie, personne ne réagit. Pas un adulte pour intervenir, personne pour faire respecter quelques règles de politesse élémentaire. Nous traversons d’ailleurs des villages qui semblent n’être habités que par des enfants. Les premières heures, nous feignons l’ignorance. Mais en milieu de journée, lorsque la route s’élève et que les harcèlements redoublent nous craquons à tour de rôle et laissons échapper notre colère. Nous hurlons nous aussi, nous jurons. Nous avons mal aux jambes, mal à l’âme et une insoutenable envie de pleurer. Mais cela ne dure pas. Nous regrettons de nous être emporté. Au fond, ce ne sont pas ces gamins que nous maudissons. Nos cris sont adressés à un fantôme, une chimère née d’une liaison démoniaque entre l’ignorance et la misère.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1907064-2615212.jpg" alt="Malawi : entre lacs et galères" title="Malawi : entre lacs et galères" />
     </div>
     <div>
      Comme pour tester notre résistance nerveuse, nous devons dans ces circonstances déjà difficiles faire face à un nouveau problème. Il est mécanique cette fois. La chaîne latérale gauche qui permet au cycliste de devant (c'est-à-dire moi) de communiquer son énergie à la roue arrière, ne cesse de dérailler. Lors des deux derniers kilomètres, elle a sauté onze fois. La faute aux plateaux, rongés par l’usure et aux maillons détendus. Toutes nos tentatives de solutionner le problème sont vaines. Il reste 35 kilomètres jusqu’à la prochaine ville. Nous trouverons un moyen de réparer là-bas. En attendant, il nous faut avancer. Je propose à Adeline de retirer la chaîne avant et d’utiliser le tandem comme un vélo traditionnel. Nous échangerons nos places. Je pédalerai à l’arrière tandis qu’elle n’aura qu’à tourner le guidon et à changer les vitesses à l’avant. Nous réglons les selles à notre taille et tentons l’expérience. Je donne une première impulsion, le vélo avance mais Adeline ne parvient pas à contrôler la trajectoire. Le tandem se couche sur la gauche et je roule sur plusieurs mètres sur le bas-côté en dévers. Plus de peur que de mal. Nous renouvelons l’opération. Nouvel échec. Rien à faire, le vélo est définitivement trop grand pour qu’Adeline puisse le diriger. Je me retourne vers elle, un sourire en coin. « Je ne vois qu’une seule solution. Tu vas devoir pédaler ». Aussitôt dit aussitôt fait. Je n’ai plus qu’à me laisser porter. Je  parcours là sans doute les 35 kilomètres les plus faciles depuis notre départ.        <br />
       A l’étape, nous changeons la moitié de la chaîne. La réparation semble être efficace. Nous avalons, assis sur des caisses de bières dans le couloir d’un hôtel miteux, un sandwich… aux frites, faute de mieux. Il pleuvra toute la nuit. Le lendemain aux aurores, il tombe toujours des cordes. Nous sommes bons pour une nouvelle douche. Seule satisfaction la chaîne ne saute plus. En revanche, le relief fait des siennes. La route n’en finit plus de monter. Nous mettons plus de 5 heures à parcourir les 50 premiers kilomètres. La seconde partie fait heureusement place à la descente. La pluie, enfin, s’est arrêtée. Nous nous laissons glisser vers un plateau verdoyant et vallonné d’où surgissent de loin en loin d’imposants dômes rocheux. En début d’après-midi, à une vingtaine de kilomètres de Lilongwe, nous célébrons notre 15000e kilomètre. Nous avons même le cœur à chanter avec les enfants.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1907064-2615222.jpg" alt="Malawi : entre lacs et galères" title="Malawi : entre lacs et galères" />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>http://www.tandafrika.com/photo/imagette-1907064-2615162.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>Malawi : mission Livingstonia</title>
   <pubDate>Mon, 22 Feb 2010 09:15:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Olivier Godin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Malawi]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Après avoir traversé une ville victime d’un tremblement de terre, respiré le parfum du poisson et de la kasava et croisé plusieurs serpents, nous partons effectuer une randonnée en montagne, sur les traces des premiers missionnaires du pays. Voici le récit de nos premiers tours de roues au Malawi.        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2601974.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      Assis sur une chaise de jardin, un homme en uniforme parcourt la une de son journal, à l’ombre des basses branches d’un manguier. Absorbé par sa lecture, il semble ne pas avoir remarqué notre présence. Devant nous, une barrière métallique nous empêche de poursuivre notre route. Deux cordes attachées à un piquet prolongent le barrage jusque sur les bas côtés. Avec l’espoir d’attirer son attention, nous regardons avec insistance en direction du militaire. Il tourne la tête un court instant, nous entraperçoit et, considérant qu’il doit rêver, se replonge dans son article. Plusieurs minutes s’écoulent avant qu’il ne jette une nouvelle œillade dans notre direction. Réalisant finalement que nous ne sommes pas le fruit de son imagination, il entreprend de se lever, plie son journal et avec l’énergie d’une limace paralytique se dirige enfin vers nous. Parvenu sur le macadam, il s’arrête brusquement, se prend le menton dans la main et laisse échapper un « Hey ! Un vélo… deux personnes ». Il s’approche, fait le tour de notre engin et bégaye une série de « Hey ! » brefs.        <br />
       -« D’où venez-vous ? »       <br />
       -« De France »       <br />
       - « Vous avez parcouru tout ce chemin à vélo ?»       <br />
       -« Oui, 14000 km »       <br />
       -« Combien ? »       <br />
       -« 14000 km »       <br />
       Comme il reste dubitatif, j’appuie sur l’un des boutons de notre compteur kilométrique et lui montre le chiffre sur l’écran. « Hey ! », lance t-il à nouveau en farfouillant dans une des poches de son treillis. Il en sort un téléphone portable, se rapproche de notre compteur et note scrupuleusement 14216 km dans l’aide mémoire de l’appareil. « C’est pour que je m’en souvienne ce soir pour en discuter avec les collègues », nous explique t-il en entrouvrant la barrière. Un large sourire illumine son visage rond et plissé. Alors que nous franchissons le barrage, il nous gratifie d’un salut militaire, referme la barrière et avec le même entrain qu’à l’aller, traîne sa lourde carcasse jusqu’à sa chaise en plastique.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Tremblement de terre</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2601975.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      Nous avons franchi la frontière, à Songwe, il y a moins d’une heure. Cap désormais sur Karonga, la première ville d’importance au nord du Malawi. Le trafic est presque inexistant comparé aux routes passagères de Tanzanie. Une pluie fine dépose sur nos avant bras un duvet de gouttelettes microscopiques. Le crachin semble envelopper toute la végétation alentour d’un manteau blafard. A travers ce voile laiteux, nous distinguons des silhouettes fantasmagoriques, transportant sur leur tête des fagots de bois, des bêches ou des machettes.  En surplomb de la route, sur une pente boueuse, nous apercevons une école dont la façade de brique s’est effondrée. A quelques pas, un groupe d’enfants en uniforme bleu patiente devant une tente blanche, ciglée UNICEF. Alors que nous pénétrons dans Karonga, nous sommes surpris de découvrir plusieurs dizaines d’autres constructions détruites. Des tentes ont également été dressées à proximité. Manifestement, la région a été récemment frappée par une catastrophe. Nous nous renseignons. Le 6 décembre dernier, la terre a tremblé sur le secteur. Quatre personnes ont trouvé la mort et des dizaines d’autres ont perdu leur domicile. Les travaux de reconstruction ont débuté, lentement. Mais beaucoup dorment encore sous la tente alors que la saison des pluies bat son plein.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Première rencontre avec le lac</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2601977.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      Nous suivons les indications « Vieille ville ». Pas la moindre trace de monument ou de centre historique. La route pénètre dans une zone boisée où fleurissent des pavillons modestes et quelques cottages bordés d’un jardinet. Nous finissons par déboucher sur une plage sans charme, hérissée de quelques abris de paille. A travers la brume, nous distinguons à peine les eaux grisâtres du lac Malawi. Cet immense plan d’eau peut s’enorgueillir d’être le troisième plus grand d’Afrique. Si sa largeur reste modeste, entre 30 et 80 kilomètres, celui qui porte également le nom de lac Nyasa, s’étend sur plus de 580 kilomètres de long. Nous suivrons régulièrement ses rives dans les jours à venir. En attendant, nous le laissons assoupi dans ses draps cotonneux et gagnons une auberge bon marché.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Overdose de kasava</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2601987.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      La pluie s’en est allée. Les doux rayons de soleil qui filtrent à travers les brumes matinales nous révèlent enfin au grand jour les paysages environnants. Le relief est pour le moment assez peu accidenté. De chaque côté de la route s’étendent des parcelles cultivées où poussent principalement du maïs et des plans de kasava. Ces derniers produisent des tubercules qui sont plongés dans l’eau, réduits en farine, séchés au soleil puis consommés sous forme de pâte nommée de ce côté de la frontière m’sima. Ces boules blanchâtres roboratives et particulièrement insipides sont à la base de l’alimentation au Malawi. C’est d’ailleurs le cas dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne. Certes les céréales et le procédé de fabrication changent. Mais qu’on l’appelle fufu, ugali ou m’sima, le résultat est le même. Un plat consistant et bon marché qui a l’allure et d’aucuns diront, le goût du ciment. Soyons honnêtes, après 13 mois de voyage, la simple vue d’une portion de cette pâte blanche, nous retourne l’estomac. Impossible pourtant d’y échapper. Elle est au menu dans n’importe quel restaurant. Pire, elle nous poursuit sur la route. Dans chaque village, des boulettes de farine de kasava prennent le soleil sur des séchoirs en bois et diffusent dans l’atmosphère un parfum de chaussettes sales. En bord de lac, l’odeur opère un mariage diabolique avec le fumet des poissons qui sèchent sur des bâches tendues sur le sol.         <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le vrai visage du lac</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2601990.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      Nous marquons une pause à Chitimba. Un couple de Hollandais a ouvert un campement en sur la plage. Nous louons une petite case en bambous sur pilotis. Le lac qui refusait de nous dévoiler ses charmes à Karonga, se révèle aujourd’hui sous ses plus beaux atours. L’eau semble changer de couleur à chaque instant. Tel un peintre face à son chevaler, le soleil donne, à l’onde, du bout de ses rayons, des reflets marines, émeraudes ou argentés. Sur le sable blanc, une rivière vient finir sa course dans un entrelacs de roseaux et de branches mortes. Avant de mélanger sa fougue aux eaux claires du lac, elle forme un estuaire miniature où des gamins, torse nu, pêchent le chambo à la ligne. En surplomb, tel un géant prêt à prendre son bain, un sommet aplati jette ses pentes verdoyantes dans l’écume. A l’horizon, de l’autre côté du lac, on devine derrière le ciel nébuleux, les silhouettes sombres des monts du Mozambique.        <br />
       Nous ne résistons pas au plaisir de nous plonger dans l’eau. Elle est incroyablement chaude.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nos premiers serpents</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2601993.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      De retour au campement, nous constatons en apercevant une pendule, que l’heure n’est pas la même qu’en Tanzanie. Le patron nous confirme, il y a bien une heure de moins. Nous comprenons enfin pourquoi le gardien de l’auberge n’en revenait pas de nous voir nous lever à 4h du matin.        <br />
       Devant le lavabo du bloc sanitaire, je fais une rencontre inattendue. Alors que je m’avance pour me laver les mains, je retrouve nez à nez avec un petit serpent fin, de couleur verte avec des reflets bleutés. Nous sommes aussi surpris l’un que l’autre mais il est le premier à prendre la fuite en rampant sous le toit. Quelques heures plus tard, alors que nous achevons une petite réparation sur le tandem, nous apercevons un autre spécimen, plus long, ramper entre les rayons de la roue avant. Il est noir et traversé de part en part par une fine ligne jaune. Nous voyons des dizaines de lézards tous les jours mais en 13 mois de voyage, c’est la première fois que nous sommes confrontés à des serpents vivants. Je pars me renseigner auprès du patron qui me prête un guide d’identification. Après quelques recherches, je finis par reconnaître nos deux invités surprise du jour. En anglais, ils portent les patronymes très distingués de « green water snake » et de « brown house snake ». Tous deux sont inoffensifs comme plus de 90% des espèces d’Afrique Australe. Le patron du campement m’explique que les serpents abondent dans la région. De nature plutôt discrète, ils fuient généralement en présence de l’homme et sont donc difficiles à observer. La plupart d’entre eux ne sont pas venimeux. Certaines espèces comme le puff ader ou le très redouté mamba noir sont toutefois particulièrement dangereux. Mais encore une fois, les morsures sont rares et 98% des victimes échappent à la mort. Une menace insignifiante comparée par exemple aux risques liés aux accidents de la route.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’aventure en camion</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2602000.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      Nous n’avons cessé d’en voir sur la route et ce soir, il y en a deux, garés dans l’enceinte du campement. Ce sont de gros camions équipés pour la piste avec une longue rangée de fenêtres sur le côté. Sur tous ou presque, a été apposé un logo coloré comportant le mot « adventures ». Curieux, je m’approche de l’un d’eux ciglé Gecko Adventures. Un couple d’Australiens m’explique. Il s’agit de voyages organisés. Chaque camion peut embarquer de deux à une vingtaine de personnes. A bord, un chauffeur-mécanicien, un guide et un cuisinier. Différents itinéraires sont proposés. Le plus fréquenté dans cette partie de l’Afrique relie Cape Town à Nairobi en passant par les chutes Victoria. Un voyage d’environ deux mois. Le tarif inclut la nourriture et généralement plusieurs safaris. Une manière originale de partir à la découverte des parcs nationaux sans totalement se ruiner. Le soir, tout le monde dresse sa tente et partage le repas préparé par le cuisinier. Et la formule fonctionne. Les compagnies les plus réputées gèrent un parc de 70 camions. Au Malawi, de nombreux campements ne vivent d’ailleurs que de cette clientèle.        <br />
       Le couple d’Australiens avec qui nous avons discuté nous offrent deux livres « The other hand » et « Right to the edge », un récit de voyage de Charley Boorman, célèbre notamment pour avoir traversé l’Afrique à moto avec l’acteur Ewan Mc Gregor. Ces deux bouquins sont les bienvenus. Nous n’avions plus rien à lire depuis plusieurs semaines et cela nous manquait. Finalement, le cuisinier sonne l’heure de l’apéro. On nous apporte des verres de punch puis on nous retient pour manger. L’atmosphère est conviviale. Entre les couples de trentenaires et les jeunes retraités, le courant semble bien passer. Nous venons de découvrir une autre manière de voyager.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les 20 lacets de Livingstonia</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2602010.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      Il pleut à nouveau ce matin mais peu importe. Ce n’est pas une averse qui va nous faire renoncer à la randonnée que nous avons programmée. Notre objectif rejoindre à pied la ville de Livingstonia, nichée à un peu plus d’une quinzaine de kilomètres dans les montagnes. Nous gagnons le village de Chitimba sur les coups de 6h puis bifurquons à droite sur une piste de terre qui disparaît dans la végétation après une série de virages en lacets. La pente est particulièrement escarpée et le sol détrempé réduit l’adhérence de nos chaussures. Nous observons des hommes et des femmes, de lourds sacs rivés sur la tête, emprunter des raccourcis vertigineux sur des sentiers étroits et rocheux. J’ai en mémoire une glissade d’anthologie sur un terrain similaire en Ethiopie et refuse de prendre le risque de me retrouver une nouvelle fois à ramper dans la boue. Bien sagement, nous suivons la piste principale. A chaque virage, nous regrettons que le ciel soit si chargé. Nous devinons à peine le lac qui roule ses eaux marines plusieurs centaines de mètres en contrebas. Dommage, la vue doit être magnifique par temps clair. Après trois heures d’ascension et vingt lacets, nous débouchons sur un premier plateau où nous apparaissent plusieurs maisons et quelques petits magasins. Il n’a pas cessé de pleuvoir. Nous croisons des hommes à l’œuvre dans les champs ainsi qu’un 4x4 ambulance qui descend vers Chitimba. Nous demandons notre chemin à une femme transportant du bois. Elle nous renseigne avec le sourire. La piste n’est plus qu’un champ de boue. Celle-ci colle à nos chaussures et nous fait glisser presque à chaque pas. Nous grimpons à nouveau au milieu de parcelles cultivées en dévers. Après une bonne heure de marche, nous pénétrons dans un village. Des arbres bordent la piste. Les premières maisons en briques rouges sont toutes identiques. Nous dépassons un long bâtiment qui s’avère être un dortoir pour étudiants, puis une seconde construction toujours en briques avec l’inscription David Gordon Memorial Hospital gravée sur le fronton. L’établissement a été édifié en 1910 et est longtemps resté le centre de santé le plus moderne du pays. Aujourd’hui, il joue encore un rôle majeur à l’échelle régionale. Pas de doute, nous sommes bien arrivés à destination.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2602023.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      Riz-poulet-épinards       <br />
       Nous marchons encore quelques centaines de mètres et marquons une pause devant l’université surmontée d’une tour à horloge très british. En face, nous découvrons une série de coquettes villas dotées de cheminées et de patios fleuris. Mais pourquoi avoir érigé de pareilles constructions sur ce plateau reculé ? La réponse se trouve dans Stone House, la première maison de pierre bâtie à Livingstonia. Elle nous apparaît derrière un petit bois de conifères. Les briques rouges omniprésentes ailleurs sont absentes ici. Le long bâtiment a été édifié à l’aide d’imposants blocs de roche grisâtre prélevés à proximité. Nous grimpons la volée de marche qui mène au balcon puis pénétrons dans une première pièce haute de plafond. La lumière du jour pénètre par un bow-window au pied duquel trône une banquette. Le parquet craque sous nos pas. Comme le fait remarquer Adeline, on se croirait dans la villa du Cluedo. Il n’y a personne. Nous appelons. Rien. Nous retournons nous asseoir sur le balcon et patientons. Un petit homme ne tarde pas à faire son apparition. Il nous accueille avec un large sourire et nous demande si nous souhaitons visiter le musée. Nous sommes là pour ça mais après cette longue marche, nous préférons d’abord nous restaurer. « Pas de problème », nous répond t-il enjoué. « Je vous demande cinq minutes, je vous apporte des boissons pour patienter ». Nous sirotons un Fanta en consultant l’ardoise où figure le menu. Les minutes passent et nous ne tardons pas à avoir froid. Nous rentrons nous installer à l’intérieur. Un quart d’heure s’écoule à nouveau puis soudain nous voyons notre homme surgir un plateau dans les mains. Il dépose deux assiettes de riz-poulet-épinard sur la grande table en bois dressée au milieu de la pièce. Nous le regardons étonnés. Nous n’avons pas passé la moindre commande mais de son propre chef, il a préparé du riz-poulet-épinard sans même nous consulter. Adeline qui avait déjà repéré des crêpes sur le menu tire la tronche.        <br />
       -« Vous auriez pu nous demander ce que nous voulions avant de cuisiner »       <br />
       Lui gêné : « Euh, oui, vous n’aimez pas le riz ? »        <br />
       -« J’ai en marre du riz. Je préférerais manger une crêpe »       <br />
       -« C'est-à-dire que nous n’avons pas d’œufs »       <br />
       -« Et, vous n’avez que du poulet comme viande ? »       <br />
       -« Euh, nous avons du bœuf, mais il faut que j’aille le chercher et ça va être long »       <br />
       -« Bon, qu’est ce que vous avez d’autres. Il y a plein de choses de marquées sur votre menu ».       <br />
       -« C'est-à-dire que nous n’avons que du riz, du poulet et des épinards. »       <br />
       Il faut préciser que dans n’importe quel restaurant, même si le menu est gros comme un bottin, il n’y a que du m’sima (voir plus haut) ou du riz-poulet-épinard. Pas la peine donc de perdre son temps à choisir.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Mission Livingstonia</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2602030.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      Nous avalons notre assiette sans conviction mais avec beaucoup de ketchup et passons à l’étape suivante, la visite du musée. Deux pièces à l’arrière de la maison présentent des objets et des documents racontant l’histoire de Livingstonia. Remontons à la fin du XIXe siècle. En l’honneur de l’explorateur David Livingstone (1813-1873) et dans l’objectif de poursuivre son œuvre d’évangélisation et de lutte contre l’esclavage, un groupe de missionnaires écossais parvient sur les rives du lac Nyassa. Ils s’établissent dans un premier temps à Cape Mc Clear. Mais la malaria fait des ravages et les populations locales semblent peu réceptives à leur message. Des différends avec les marchands d’esclaves arabes et portugais qui investissent régulièrement la région, compliquent encore la situation. Les chefs locaux ont en effet pour habitude de leur vendre des hommes pour acheter des armes et du coton. Après cinq années, la mission est considérée comme un échec. Les survivants s’installent plus au nord. Mais ils font rapidement face aux mêmes problèmes. Pour échapper à la malaria, le docteur Robert Law, décide en 1894, de prendre de la hauteur. Il repère un site idéal, perché sur un plateau au climat tempéré. Après une gestation de plus de 15 ans, Livingstonia est enfin née. D’autres missions, protestantes dans le sud et catholiques dans le nord ont été établies dans le même temps. Les missionnaires sont bientôt suivis par des commerçants anglais et écossais. En 1891, les Britanniques négocient avec les souverains indigènes la formation d’un protectorat. Il prendra le nom de Nyassaland en 1907. Le trafic d’esclave a été aboli entre temps en 1904.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ephesians 2-14</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2602033.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
     </div>
     <div>
      Dans la seconde salle, un cliché noir et blanc nous interpelle. Il s’agit d’une photo de Stone House prise d’avion. Dans le jardin, apparaît en grosses lettres blanches l’inscription Ephesians  2-14. Un bristol fournit une explication. Nous sommes en 1959. Le Nyassaland est en proie à de violents troubles, prémices de l’indépendance prochaine. Inquiets pour les missionnaires de Livingstonia, le gouvernement fédéral envoie un avion qui largue le message suivant : « Tracez un I sur le sol si vous souhaitez être évacués et un V si, au contraire, vous êtes en sécurité ». En cette période de fortes tensions raciales, les missionnaires décident d’envoyer un tout autre message, une référence à la Bible appelant toutes les communautés à vivre ensemble dans la paix. La photo fera le tour du monde. L’inscription a été cimentée et est toujours visible dans le jardin.        <br />
       Le Nyassaland accède finalement à l’indépendance en 1964. La République est proclamée deux ans plus tard. Kamuzu Banda devient président. En 1971, il est nommé président à vie. Il ne renoncera à ce statut qu’en 1993 à l’âge de 97 ans. Le Malawi s’ouvre alors au multipartisme et à la démocratie. Des élections sont organisées. Banda est définitivement évincé.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Plongée vers le lac</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2602042.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
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      Le soleil est revenu lorsque nous sortons de la pénombre de Stone House. Sur la piste la boue a commencé à sécher. Le spectacle que nous avions raté ce matin, s’offre à nous désormais. A nos pieds, des pentes, telles des torrents de verdure, plongent vers les eaux argentées du lac. Dans la végétation apparaissent de loin en loin, des cases au toit de paille d’où s’échappent des volutes de fumée blanchâtres. A l’horizon, on distingue clairement les rives escarpées du Mozambique. Nous nous laissons glisser vers la plage qui, vue de haut, nous fait l’effet d’un long ruban de soie abandonné négligemment sur le sol.        <br />
       
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      <img src="http://www.tandafrika.com/photo/1898381-2602050.jpg" alt="Malawi : mission Livingstonia" title="Malawi : mission Livingstonia" />
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